En décembre 2016, le club de golf Mont-Tourbillon avait été la proie des flammes.

Le chalet du Mont Tourbillon rasé par les flammes

Le bâtiment principal du Mont Tourbillon, à Lac-Beauport, réputé pour son golf, ses brunchs du dimanche et son centre de glisse, a été la proie des flammes dans la nuit de mardi à mercredi. Avec lui, s'envolent en fumée 54 années de souvenirs. Les cendres sont encore chaudes que le propriétaire songe déjà à reconstruire.
Le feu très intense aurait pris naissance vers 22h. C'est une passante qui a alerté les services d'urgence après avoir constaté que de la fumée s'échappait de l'imposante bâtisse. «Nous avons reçu une demande de vérification pour une odeur et la présence de fumée. À notre arrivée, il y avait des flammes apparentes. Le feu était en progression», confirme le capitaine Steve Gadoury du Service des incendies de Lac-Beauport.
La rapidité de propagation des flammes a obligé les sapeurs à demander l'aide de leurs confrères de Sainte-Brigitte-de-Laval, de Stoneham et de Québec. «On a déployé tous les efforts. On a fait appel à l'entraide disponible. On avait de l'équipement et de l'eau de manière suffisante. Le feu a eu le dessus même si on a déployé des équipes aux endroits stratégiques», explique le capitaine. 
Pour une raison inconnue, il semble que le système d'alarme et les gicleurs n'ont pas fonctionné. L'enquête amorcée par la Sûreté du Québec tentera de déterminer ce qui s'est passé.
La directrice générale de l'établissement, Chantale Aubin, est arrivée dans les premiers moments. Impuissante, elle a vu se consumer 38 ans de vie professionnelle. «J'ai commencé le 1er janvier 1981. Je suis dévastée. Il y a tellement eu de moments de bonheur», lance-t-elle. À son arrivée, le feu faisait rage du côté droit du bâtiment où se trouvent la cuisine et le casse-croûte, adjacents au centre de glisse. Il s'est ensuite propagé à la grandeur de la structure dont la partie d'origine est faite en bois.
Déjà mercredi, le propriétaire de l'établissement, qui a acquis l'entreprise en 1977, ne pensait qu'à trouver un moyen pour repartir en affaires le plus tôt possible.
Une nuit d'enfer
«C'était une nuit d'enfer. Maintenant, il faut reprendre rapidement les opérations», lance au bout du fil le propriétaire du Mont Tourbillon, Michel Noël, la gorge nouée par l'émotion. Malgré l'abattement, l'homme, qui a acquis l'entreprise en 1977, ne pensait qu'à trouver un moyen pour repartir en affaires le plus tôt possible. 
«Je n'ai pas de réponse. Je ne sais pas comment ça fonctionne. Mais nous avons une équipe extraordinaire et un produit fantastique. Nous devrons redémarrer parce que nous avons des réservations.»
Lorsque Le Soleil lui fait remarquer que des proches le décrivent comme un homme d'action, il étouffe un sanglot. «Ouf! Oui, mais elle est dure à digérer celle-là, dit-il, en parlant de l'épreuve qu'il traverse. Ça va être difficile de recréer tout ça... le chalet... l'architecture quasi unique.»
Cet incendie arrive évidemment à un moment fort occupé. Le 31 décembre affichait complet pour le party du Nouvel An. L'endroit pouvait accueillir jusqu'à 600 personnes. Le centre de glisse devait ouvrir jeudi. Les pensées de M. Noël se dirigent aussi vers la soixantaine d'employés qui travaillent aux différentes opérations, selon la saison.
La rapidité de propagation des flammes a obligé les sapeurs à demander l'aide de leurs confrères de Sainte-Brigitte-de-Laval, de Stoneham et de Québec.
Un lieu fréquenté
Le Mont Tourbillon fait partie des activités récréatives de nombreux résidents de Québec depuis sa fondation en 1962 par un groupe d'hommes d'affaires, dont faisait partie l'ex-premier ministre du Québec, Jean Lesage. Les golfeurs profitent du parcours de 18 trous, tandis que de nombreuses familles ont pris l'habitude de s'y rendre pour le brunch du dimanche, des réceptions ou pour glisser sur les pentes aménagées, accessibles par trois remontées mécaniques.
Sur les lieux du sinistre comme sur les réseaux sociaux, plusieurs se remémoraient, mercredi, des souvenirs de leur passage au Mont Tourbillon. 
«C'est avec tristesse que je vois ce monument du Lac-Beauport partir en fumée. Jeune, je disais avec fierté que mon père en était un des acteurs principaux. Une pensée pour la famille Noël avec qui, enfant, j'ai rasé tous les recoins de ce lieu un peu mythique», a écrit sur Facebook Thomas L. Rinfret, fils d'Henri Rinfret, partenaire d'affaires de M. Noël jusqu'en 1993.
«On avait fait un concert ici il y a quelques années avec les élèves de mon école de musique. C'était merveilleux, magique», raconte la mairesse de Lac-Beauport, Louise Brunet, rencontrée sur place. C'est un gros morceau qui part. C'est désolant de voir ça. Je pense que beaucoup de citoyens vont avoir un choc. C'était un lieu de rassemblement incroyable pour tout le monde», conclut-elle.