La direction du Cégep Lévis-Lauzon est condamnée pour harcèlement et représailles, elle doit verser plus de 42 000 $ à un ex-employé pour mauvais traitement.
La direction du Cégep Lévis-Lauzon est condamnée pour harcèlement et représailles, elle doit verser plus de 42 000 $ à un ex-employé pour mauvais traitement.

Le Cégep Lévis-Lauzon coupable de harcèlement psychologique envers un ex-employé

La direction du Cégep Lévis-Lauzon est condamnée pour harcèlement et représailles, elle doit verser plus de 42 000 $ à un ex-employé pour mauvais traitement. Ce jugement alimente l’inquiétude déjà existante au sein du personnel. 

«Les principales protagonistes du harcèlement psychologique sont la directrice générale du Cégep et la directrice des ressources humaines. Ces deux personnes sont des personnes clés pour régler les litiges en relations de travail», peut-on lire dans un communiqué signé entre autres par le Syndicat des professeures et professeurs du Cégep de Lévis‑Lauzon (FNEEQ-CSN).

La présidente du syndicat, Marie-Pierre Gagné, s’inquiète du maintien du climat de travail et craint des conséquences sur le traitement des futurs dossiers délicats tels que le harcèlement psychologique.

«On n’était pas au courant de la démarche... Les syndicats sentaient déjà des inquiétudes, on a eu des problèmes avec la direction générale dans le passé. Finalement on constate que la méthode de gestion douteuse s’est dirigée vers une autre catégorie d’employés», ajoute-t-elle en entrevue avec Le Soleil.

La démarche judiciaire a été lancée par Martin Hénault, coordonnateur du Service des immeubles et des équipements du Cégep (SIE), il a démissionné en 2018. Le cégep doit lui verser l’argent pour les dommages moraux. Les syndicats n’étaient pas au courant de la plainte intentée envers la direction ni de la situation qu’a vécue M. Hénault.

«On a pris connaissance de la décision rendue et on va s’adresser à la direction et au conseil d’administration pour avoir des comptes. On avait de l’inquiétude sur la gestion, sur cette culture du silence. On voit que ça dure depuis un certain temps! C’est troublant», indique aussi Mme Gagné.

Mandat renouvelé

En septembre dernier, le contrat de la directrice générale en faute a été renouvelé pour cinq autres années, et ce, malgré une opposition unanime des trois syndicats principaux (professeurs, professionnels et personnel de soutien) ainsi que de la Commission des études.

«On avait voté contre le renouvellement sans savoir la cause dont on vient de lire le jugement. C’était une opinion assez forte qui n’a pas été entendue», martèle Marie-Pierre Gagné.

Les syndicats s’interrogent aussi sur l’utilisation des fonds publics de l’établissement d’études collégiales «En plus des dommages, le Cégep a dû dépenser des ressources considérables, en temps et en argent, pour se défendre devant le tribunal», est-il aussi dans le même communiqué. 

Il est donc demandé par les syndicats que l’exercice de gouvernance du Cégep Lévis-Lauzon soit «scruté à la loupe au risque de devoir exiger une tutelle».