Le cadenassage mis en cause dans le décès à l'usine Prolam

La Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) pointe la mauvaise méthode de cadenassage d'un appareil pour expliquer l'accident qui a coûté la vie à Stéphane Ferron, 22 ans, électromécanicien à l'usine de fabrication de planchers Prolam de Cap-Saint-Ignace.
Originaire de Trois-Rivières, Stéphane Ferron était employé chez Prolam, une usine de fabrication de planchers, depuis 2014.
Le 30 avril 2016, le jeune homme s'apprêtait à entrer dans une colleuse à lattes de bois pour y faire une inspection visuelle. Le serre-joints de la colleuse a été actionné de manière accidentelle, écrasant mortellement le travailleur sous les yeux de son chef d'équipe.
Selon le rapport de la CNESST, «le travailleur a utilisé une méthode d'inspection qui l'a exposé à un danger d'écrasement par le serre-joints de la colleuse à bois, qui était toujours alimenté. Selon les enquêteurs, «La méthode de cadenassage en huit points n'a pas été appliquée comme il était prescrit».
Plus précisément, le rapport note «l'absence d'une protection sur toute la longueur de la course du bouton de commande, permettant un démarrage intempestif du serre-joints de la colleuse à bois. Cette protection appelée «collerette» entoure complètement le bouton de commande afin qu'il ne soit pas enfoncé à un mauvais moment et qu'il ne provoque pas le mouvement de descente du serre-joints», explique-t-on.
La CNESST a délivré à Prolam un constat d'infraction, pouvant varier de 16 317 $ à 65 269 $ pour une première offense. Au Québec, depuis 5 ans, 35 travailleurs sont décédés après avoir été coincés ou écrasés par de l'équipement ou des objets.