Après le prononcé de sa peine au palais de justice de Québec, lundi matin, Jean-Roch Parent a pris le chemin des cellules.

L'avocat radié Jean-Roch Parent condamné à six mois de prison

L’avocat radié Jean-Roch Parent a été condamné lundi à une peine de six mois d’emprisonnement pour les gestes posés envers des agents de la Sûreté du Québec en mai 2017, lors de son interception dans une voie réservée aux autobus.

C’est donc avec les menottes aux poignets que l’homme de 42 ans a quitté la salle d’audience du palais de justice de Québec, lundi matin, pour prendre le chemin des cellules. L’accusé connu pour son tempérament bouillant n’a pas caché sa déception lors du prononcé de la peine par le juge Louis Dionne, de la Cour supérieure, mais il est demeuré plutôt calme, comme il l’a été tout au long de la lecture de la décision du magistrat.

Parent a été reconnu coupable en février d’avoir entravé le travail de deux policiers de la Sûreté du Québec, d’avoir entravé la justice en intimidant un agent afin qu’il cesse son intervention et d’avoir fait de l’intimidation à l’endroit d’une personne associée au système judiciaire.

Lors de son interception dans une voie réservée aux autobus sur l’autoroute Dufferin-Montmorency, le 4 mai 2017, Parent avait fortement réagi lorsqu’un policier de la Sûreté du Québec avait voulu l’amener sur le bord de la route. «Touche-moi pas ou je te cogne», avait lancé l’avocat, sous le regard d’un autre automobiliste qui filmait la scène avec son téléphone cellulaire.

Selon la preuve présentée en cour, Parent aurait dit aux policiers qu’il était avocat, qu’ils n’avaient pas d’affaire à l’arrêter et qu’il allait les poursuivre. Il aurait prévenu l’un d’eux de se «checker» 24 heures sur 24, le menaçant de poursuites au civil et en déontologie.  

Le ministère public réclamait une peine d’emprisonnement de six mois pour l’avocat radié, alors que la défense demandait une sentence suspendue. 

Gestes graves

Pour le juge Louis Dionne, les gestes posés par Parent sont «graves» car elles sont le fait d’un avocat, ancien procureur de la poursuite possédant une formation en techniques policières. «Elles sont dirigées vers des policiers chargés d’assurer l’ordre et la sécurité de la population, elles ont eu pour effet de miner l’autorité policière et de ternir la réputation des autres membres du Barreau», estime le magistrat.

Le juge Dionne considère qu’une peine d’emprisonnement s’impose afin de transmettre un message clair à toute personne qui tenterait d’adopter le même comportement.

En 2015, Jean-Roch Parent, qui était à ce moment procureur de la couronne, avait plaidé coupable à des accusations de bris de conditions et de harcèlement envers son ex-conjointe et le nouvel amoureux de celle-ci. Il avait pu bénéficier d’une absolution conditionnelle à une probation d’une année. Il avait perdu son emploi au DPCP par la suite et est devenu avocat de défense.

En juin, Jean-Roch Parent a été déclaré coupable par le conseil de discipline du Barreau du Québec de huit infractions disciplinaires, ce qui lui a valu trois mois plus tard une radiation de 16 mois. On lui a reproché divers manquements, soit des prises de bec avec des juges en salle d’audience, une engueulade avec des collègues avocats, des insultes à un agent correctionnel de même qu’un manque de disponibilité et de diligence à l’égard d’un client. 

Deux nouvelles accusations d’intimidation d’une personne liée au système judiciaire et de harcèlement ont été déposées en mai dernier contre Jean-Roch Parent, cette fois pour un événement survenu à la Cour d’appel le 9 janvier 2019. Parent aurait eu des propos virulents à l’endroit d’un constable spécial du palais de justice de Québec. Ce dossier reviendra devant la cour pour orientation le 25 novembre. Avec Isabelle Mathieu