Dès 8h30, près de 300 juristes ont entamé une marche de la place George-V, sur Grande Allée, jusqu'au palais de Justice (photo), lançant officiellement une grève générale illimitée destinée à relancer les négociations avec le gouvernement.

L'«ange d'amour» pouvait être menaçant

L'«ange Daniel», qui disait vouloir aider une adolescente de Portneuf en ayant des relations sexuelles avec elle, aurait menacé de diffuser des photos de la plaignante pour la garder sous son joug.
Lors d'un contre-interrogatoire long et souvent laborieux, l'avocat de Michel Mercier, Me Kevin Plamondon, a voulu savoir pourquoi Laura (prénom fictif) n'a pas porté plainte contre «l'ange Daniel» avant décembre 2010. Elle avait pourtant pour conjoint et père de son enfant un policier de la Sûreté du Québec, a soumis l'avocat. «Il menaçait de divulguer des photos de moi nue à mes beaux-parents, a répondu la plaignante. Je ne voulais pas que personne ne me voie nue.»
Plus tôt cette semaine, la poursuite a déposé en preuve cinq vidéos et plusieurs photos montrant «l'ange Daniel» en train d'avoir des relations sexuelles avec la jeune plaignante.
Le contenu des vidéos est frappé d'une ordonnance de non-publication, mais a été diffusé dans la salle de cour, à huis clos.
La plaignante, aujourd'hui âgée de 28 ans, allègue que son beau-père, qui prenait l'identité de l'«ange Daniel», a eu des relations sexuelles avec elle presque chaque semaine entre l'âge de 15 ans et 21 ans environ, au vu et au su de sa mère.
Même lorsqu'elle a été enceinte de son copain, à l'âge de 18 ans, Laura a dû continuer les séances de «transfert d'énergie». Durant la relation sexuelle, Daniel voulait en effet poser les mains sur son ventre pour, disait-il, garantir une bonne santé à son foetus.
L'ancien conjoint de Laura a raconté au juge René De La Sablonnière comment son ex-copine lui a raconté les abus, le 17 novembre 2010. «Elle sanglotait, était bouleversée et à mes yeux, très sincère», a témoigné le jeune homme. Le policier a conseillé à Laura de porter plainte à la police. C'est ce qu'elle a fait un mois plus tard. Dans l'intervalle, elle est retournée vivre chez sa mère et son beau-père dans Portneuf.
Le procès devra se poursuivre à une date ultérieure avec le témoignage de la mère de la plaignante, qui a plaidé coupable pour sa complicité dans les agressions et qui purge une peine de pénitencier.