Martin Pouliot

L'ancien animateur de radio Martin Pouliot écope de 21 mois de prison

L’ancien animateur de radio Martin Pouliot a plaidé coupable vendredi à l’infraction d’avoir conduit son véhicule avec un taux d’alcoolémie supérieur à la limite légale et d’avoir causé de graves blessures à une conductrice. C’est toutefois une distraction et non l’alcool ou la vitesse qui a provoqué l’accident, soutient-il.

Pouliot, 48 ans, a été condamné à une peine de détention de 21 mois dont il reste 13 mois et demi à purger. 

La juge Rachel Gagnon de la Cour du Québec a accepté la suggestion des parties, estimant cette peine raisonnable. Pour ce type d’infraction, les peines varient entre neuf et 24 mois de détention.

Le soir du 1er octobre 2017, Sindy St-Jean, une conductrice d’autobus du RTC, rentrait chez elle après son quart de travail, en roulant sur le boulevard St-Jacques à Québec.

Alors qu’elle traversait l’intersection du boulevard Johnny-Parent sur son feu vert, sa voiture a été violemment percutée par la Audi conduite par Martin Pouliot. L’état des véhicules, démolis par la collision, démontre toute la force de l’impact, a indiqué le procureur de la Couronne Me Jean-Philippe Robitaille.

Martin Pouliot n’a pas donné sa version à la cour puisqu’il a choisi de plaider coupable. Il a toutefois expliqué à son avocat qu’en arrivant à la hauteur du boulevard St-Jacques, des documents sont soudainement tombés du pare-soleil de sa voiture. «Il a appuyé sur l’accélérateur de façon automatique, inconsciente, explique Me Christian Bélanger. Ce n’est pas un geste volontaire, c’est un accident.»

Pendant que les ambulanciers s’occupaient de Mme St-Jean, grièvement blessée, les policiers ont observé divers symptômes d’ébriété chez Pouliot. L’ancien animateur a échoué un test de dépistage et a été mis en état d’arrestation. Son plus faible résultat à l’alcotest était de 0,118.

Dans la voiture de Pouliot, les policiers ont trouvé une bouteille en verre contenant environ 600 ml d’alcool à 38 %.

L’analyse de l’ordinateur de bord de la Audi a révélé que dans les fractions de seconde avant l’impact, lorsqu’il a brûlé un feu rouge, Martin Pouliot roulait à 94 km/h dans une zone de 50 km/h.

L’avocat de la défense soutient qu’il n’y avait aucun lien causal entre l’accident et les lésions corporelles et le taux d’alcoolémie de son client. Pouliot a quand même plaidé coupable, car selon les termes de la loi, quiconque cause un accident alors qu’il a un taux d’alcoolémie supérieur à la limite légale se rend coupable d’une infraction.

«Foncièrement désolé»

L’ancien animateur de radio et chroniqueur à la télévision est détenu depuis la fin septembre 2019 parce qu’il a brisé une de ses conditions de remise en liberté en conduisant son véhicule autrement que pour travailler. 

Il a enregistré son plaidoyer de culpabilité en regardant seulement la juge Rachel Gagnon de la Cour du Québec. Il a ensuite présenté des excuses à sa victime, assise dans la salle. «Je suis foncièrement désolé de la souffrance que je vous ai infligée, a dit Pouliot. C’est contraire à mon ADN de faire du mal aux gens. Ce qui me fait perdre le sommeil, c’est de savoir que je vous ai heurtée.»

Sindy St-Jean, mère de famille, a écouté le résumé des faits en versant quelques larmes. Sa vie a changé du tout au tout depuis la collision. Après une longue hospitalisation et plusieurs opérations, elle n’a jamais pu retourner travailler. Elle peine à faire ses journées et endure encore beaucoup de souffrances.

Martin Pouliot était sans antécédent judiciaire. Après sa peine, il lui sera interdit de conduire pour encore deux ans.

L’avocat de la défense Me Christian Bélanger a demandé à ce que son client puisse avoir un appareil éthylomètre qui lui permettra de conduire avec un permis restreint lorsque la SAAQ le décidera.