L'accusé s'écroule avant son procès

Un sexagénaire de Neuville souffrant d'une maladie pulmonaire dégénérative incurable s'est écroulé mardi, au palais de justice de Québec, tout juste avant le début de son procès pour conduite avec facultés affaiblies.
La cause de Daniel Grenier, 60 ans, est au rôle depuis novembre 2015 après une arrestation en août de la même année. Cependant, en janvier 2014, l'homme avait reçu un diagnostic de fibrose pulmonaire, une maladie dégénérative très grave lui laissant de trois à cinq ans à vivre s'il ne recevait pas une greffe des poumons. À l'époque, sa capacité pulmonaire n'était que de 43 %.
De plus, l'homme aurait de la difficulté à gérer son état et le stress lié à sa mise en accusation. Mardi, Grenier a subi un malaise et s'est écroulé dans le corridor du palais de justice peu avant le début de son procès. Il a dû être transporté à l'hôpital par les ambulanciers. 
Notant que les délais prescrits par l'arrêt Jordan de la Cour suprême étaient déjà dépassés, l'avocate de la Couronne, Me Lucie Tritz, a alors demandé à la juge Hélène Bouillon de pouvoir déposer sa preuve en l'absence de l'accusé, quitte à ce que celui-ci en prenne connaissance via l'enregistrement des débats et les notes sténographiques.
«Il pourrait ainsi présenter sa défense quand son état de santé le permettrait. Si on remet, j'ai peu d'espoir que Monsieur soit en meilleure situation la prochaine fois puisque sa condition est dégénérative», a déclaré l'avocate.
L'avocat de Grenier, Me Sarto Landry, a toutefois tenu à ce que soient respectés les droits de son client et demandé une remise de la cause, soulignant que de nombreux dossiers et rapports médicaux recommandaient, si ce n'est pas le retrait, à tout le moins la suspension des accusations contre Grenier en attendant de voir quelle tangente prendrait son état de santé.
La juge Bouillon a finalement accédé à la demande de remise de Me Landry, reportant la cause au 18 août et exigeant qu'un rapport médical complet sur la condition du Neuvillois et sur son malaise de mardi soit alors déposé.
«Ce n'est pas une condition volontaire qui fait en sorte que M. Grenier est absent», a-t-elle justifié, s'excusant aux quatre témoins qui avaient été assignés à comparaître. Elle a également demandé aux avocats s'ils pouvaient s'entendre sur certaines admissions pour éviter que certains témoins soient obligés de revenir à nouveau devant la cour.
Après l'audience, Me Landry a avoué qu'il n'avait jamais vu de situation semblable durant sa carrière. «Quand un accusé décède, évidemment, la cause est terminée. Cependant, on est en présence d'une maladie incurable et la Couronne est allée à l'encontre du dossier médical, sans contre-expertise, et a insisté pour que le procès se continue», déplore l'avocat.
Me Tritz a d'ailleurs répété mardi que le retrait ou la suspension temporaire des accusations n'était pas envisagé par le ministère public. «C'est que la problématique de M. Grenier est intimement liée à sa condition médicale», a-t-elle signifié.