La prise de médicaments et de drogue peut avoir des répercussions négatives chez les personnes souffrant de problèmes de santé mentale.

La violence n’est pas coutume en santé mentale

Pour André Forest, directeur général de l’APPAMM-Estrie, on fait trop souvent un rapprochement entre maladie mentale et actes de violence incontrôlables.

«Il y a tellement de gens qui fonctionnent bien dans la société et qui travaillent fort pour prendre leur médication régulièrement et avoir un semblant de vie normale, lance-t-il lors d’un entretien accordé mardi à La Tribune. Ce n’est pas toujours facile, il faut en convenir.»

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«C’est quand même exceptionnel d’avoir des cas de violence chez des personnes souffrant de troubles mentaux », ajoute-t-il.  

M. Forest était appelé à formuler ses commentaires dans la foulée de deux événements tragiques survenus dans les heures précédentes impliquant des personnes souffrant de problèmes de santé mentale dans la région.

André Forest, directeur général de l’APPAMM-Estrie

Sans vouloir commenter les deux événements en question, il souligne que dans bien des cas, la drogue peut jouer un rôle déclencheur dans le cas de violence. Il n’est pas sans manquer de mentionner que la légalisation prochaine du cannabis au Canada inquiète grandement l’équipe de l’APPAMM-Estrie.

«Nous ne voulons pas jouer les prophètes de malheur, mais nous levons le drapeau. Il y a un danger de banalisation de la substance, analyse-t-il. Nous travaillons avec une clientèle fragile. La drogue vient bousiller la médication des gens.»

«Il y a aussi un danger de voir des gens vouloir délaisser leur médication pour prendre du cannabis à la place. Plus on en parle, plus ça va banaliser le cannabis. Il ne faut pas non plus mélanger la médication et les drogues. Il y a un danger là.»

André Forest ajoute que la volonté du gouvernement fédéral d’offrir dans la population du cannabis de meilleure qualité et de faire mal au marché noir peut avoir l’effet d’inciter plus de gens souffrant de problèmes de santé mentale à en consommer. Ce n’est pas indiqué pour eux de consommer des drogues, dit-il.

Concernant les comportements à risque de violence, M. Forest mentionne qu’il est vrai qu’on doit respecter la Charte des droits de la personne. Il n’est pas facile pour les familles d’encadrer des personnes souffrant de problèmes de santé mentale.

«Mais des fois, les gens plus âgés tolèrent trop de comportements à risque de la part de leurs enfants. On a des cas de personnes qui dorment la porte de leur chambre barrée pour ne pas être attaquées», dit-il.

«On remarque que les parents moins âgés tolèrent moins ce genre de comportements à risque.»

Les gens de l’APPAMM-Estrie, organisme qui offre soutien et information aux proches de personnes atteintes de maladie mentale, se félicitent du fait qu’on observe de plus en plus de gens affirmant vivre avec des troubles mentaux grâce à leur médication prise régulièrement.

Par exemple, des personnes connues feront part de leur expérience dans le cadre de la Journée Bell Cause pour la cause qui aura lieu le 31 janvier 2018.