Un père qui avait été violent envers deux de ses enfants a pris le chemin de la prison, vendredi au palais de justice de Trois-Rivières.

La prison pour un père violent qui a notamment fracassé un silex à café sur la tête de sa fille

TROIS-RIVIÈRES — Un père de famille qui a été violent envers ses deux enfants a pris le chemin de la prison, vendredi matin, alors qu’il recevait sa sentence au palais de justice de Trois-Rivières. L’homme, âgé dans la cinquantaine, s’en est pris à deux de ses enfants à plusieurs reprises pendant de nombreuses années, allant même jusqu’à fracasser un silex à café sur la tête de sa fille, qui était alors adolescente. Il devra maintenant purger une peine de douze mois de prison.

L’homme, dont on doit taire l’identité pour protéger celle des enfants, avait été reconnu coupable de voies de fait contre deux de ses trois enfants, au terme d’un procès dont la décision avait été rendue par le juge David Bouchard en novembre dernier. En plus des accusations de voies de fait contre les deux enfants, il avait également été reconnu coupable de trafic de stupéfiants, puisqu’il avait fourni du cannabis à sa fille.

Dans le prononcé de la sentence, le juge Bouchard a rappelé que les événements de violence, survenus entre 2003 et 2016, s’étaient déroulés dans un contexte familial difficile, marqué notamment par des conflits familiaux, l’intervention des services sociaux et une grande instabilité pour les enfants qui ont grandi à travers tout ça. Toutefois, selon le juge, le contexte familial difficile ne peut en aucun cas éliminer la responsabilisation de l’accusé face aux gestes violents qu’il a posés envers ses enfants.

Le juge a notamment rappelé un épisode où le père avait fracassé un silex à café sur la tête de sa fille, au point où la vitre avait éclaté et où il avait ensuite dû lui apporter des soins pour retirer les morceaux de vitres qui s’étaient logés dans ses cheveux. À une autre reprise, il avait frappé sa fille au ventre au point où elle en avait eu le souffle coupé. Cet événement serait survenu parce que le père insistait pour que la jeune fille aille se coucher.

Quant à son fils, le juge a relaté un épisode où, parce qu’il refusait de faire la vaisselle, il aurait été empoigné par son père et traîné à l’extérieur de la maison dans un excès de colère. Le père aurait également saisi son fils à la gorge lorsque le jeune homme avait tenté de s’interposer entre son père et sa sœur, au cours d’une chicane.

La Couronne, représentée par Me Catherine Roberge, avait demandé une peine d’emprisonnement étant donné la gravité des gestes posés. Pour sa part, la défense, qui était représentée vendredi par Me Martine Garceau-Lebel, avait plutôt proposé un sursis de sentence accompagné de travaux communautaires, étant donné l’absence d’antécédents judiciaires de même que des démarches thérapeutiques entreprises depuis par le père.

Le juge n’a toutefois pas retenu cette proposition, lui qui a noté une absence de conscientisation et de responsabilisation de l’accusé. Dans son jugement, il note que l’homme se justifie encore face aux gestes posés et reporte sur autrui la détérioration du contexte familial. L’homme soutiendrait qu’il a raison et que ce sont les autres qui doivent s’amender ou s’ajuster.

De plus certains facteurs aggravants, dont des gestes de violence posés sur des enfants et donc des personnes en situation de vulnérabilité, ajoutés au manque d’introspection de l’accusé ont motivé la décision du juge, qui estime qu’en pareilles circonstances, il se devait aussi d’envoyer un message clair de dissuasion et de prise de conscience.

Il a donc condamné l’homme à une peine de 9 mois de prison pour les chefs d’accusation de voies de fait contre ses enfants, de même qu’à trois mois de prison pour les accusations de trafic de stupéfiants. Ces peines devront être purgées de manière consécutive, ce qui constitue une sentence de douze mois d’emprisonnement.

L’homme a également été soumis à une probation de deux ans suivant sa période d’emprisonnement, au cours de laquelle il ne sera pas autorisé à entrer en contact avec ses enfants.