La prison pour avoir attaqué des policières

Isabelle Mathieu
Isabelle Mathieu
Le Soleil
Un homme sans antécédent judiciaire qui avait attaqué des policières dans l’espoir de se faire abattre écope d’une peine de 12 mois de prison.

Gilles Ledoux, 36 ans, a fait une crise magistrale le 25 mai 2019, lorsqu’il a aperçu une contravention sur son pare-brise de voiture, dans le quartier Saint-Jean-Baptiste. Il s’est mis à briser les panneaux de signalisation marquant les zones de stationnement en hurlant son mécontentement.

Ledoux a ensuite fui les deux policières dépêchées sur place à la demande de citoyens inquiets. Une fois chez lui, l’homme s’est muni d’un couteau et a attaqué une policière, sectionnant sa veste pare-balle. Devant la menace, la deuxième policière a alors fait feu et a atteint Ledoux à la jambe.

L’homme en crise a demandé aux policières de continuer à tirer sur lui.

Ledoux a plaidé coupable il y a quelques mois aux accusations de voies de fait contre un agent, de possession d’une arme dans un dessein dangereux et de méfait. Il a aussi plaidé coupable à deux accusations de voies de fait ayant causé des lésions sur des fêtards à la sortie d’un bar, en juin 2018.

Gilles Ledoux a fait une thérapie fermée de cinq mois depuis les événements. Les psychiatres lui ont diagnostiqué une maladie affective bipolaire. Il a repris le goût de vivre et trouvé récemment un emploi. Il est malgré tout encore considéré comme un individu impulsif et agressif qui devra continuer à être traité.

Séquelles pour les policières

Les deux policières ont subi durant plusieurs mois les séquelles de l’agression: stress, hypervigilance et images qui tournent en boucle dans le cerveau.

Le juge Jean-Louis Lemay de la Cour du Québec a rappelé que depuis longtemps, les tribunaux considèrent comme un crime grave les agressions sur un représentant des forces de l’ordre. «La société n’a jamais toléré et ne tolérera jamais que des individus qui sont engagés pour nous protéger et assurer notre sécurité soient attaquées dans l’exercice de leurs fonctions», insiste le juge Lemay.

Gilles Ledoux avait tenté de minimiser l’événement et de lui donner un caractère de normalité en disant que les policiers doivent être prêts à tirer et tuer au besoin. Le juge Lemay n’est pas d’accord. «Ce qui est normal, c’est que les policiers rentrent au travail pour protéger et servir, dit-il. Le 25 mai 2019, en raison de votre état, vous vous êtes plutôt servis des policiers pour commettre l’irréparable, attenter à votre vie et ça, ce n’était pas normal. Je me réjouis de constater que vos plans ont changé aujourd’hui.»

Pour l’ensemble des accusations, le juge Lemay impose à Gilles Ledoux une peine de 12 mois, de laquelle il déduit le temps passé en détention préventive et en thérapie. En combinant avec la peine pour l’agression à la sortie d’un bar, l’homme devra purger environ 7 mois de prison. Il sera en probation durant trois ans.