Malcolm Albert Tremblay avait enterré le corps de sa conjointe sous un tas de pierres à son décès en mai 2016. Ce n’est qu’en novembre qu’il a finalement mené les policiers jusqu’au cadavre.

La prison ou l’absolution pour avoir caché la mort de sa conjointe

Malcolm Albert Tremblay a caché un cadavre, soustrait son nouveau-né aux services sociaux et menti aux policiers. Il devrait purger une peine de prison entre 18 mois et deux ans moins un jour, plaide la Couronne, tandis que la défense réclame une absolution conditionnelle.

L’orthésiste-prothésiste de 53 ans a plaidé coupable à une accusation d’entrave pour avoir nui aux recherches policières visant à retrouver une jeune mère de famille, Catherine Racine-Ouellet.

La femme de 26 ans est morte dans des circonstances troublantes en mai 2016, juste après avoir accouché seule, dans un chalet isolé et sans eau courante de Lac-Beauport. Le bébé a lui survécu.

La jeune femme avait choisi d’aller dans ce chalet, propriété de son conjoint Malcolm Albert Tremblay, pour cacher sa grossesse à la DPJ.

Malcolm Albert Tremblay a menti pendant six mois aux policiers qui recherchaient la jeune femme. Il les a même lancés sur de fausses pistes, disant que Catherine Racine-Ouellet était allée accoucher dans les monts Chics Chocs, en Gaspésie.

Tremblay avait enterré le corps de sa conjointe sous un tas de pierres. Ce n’est qu’en novembre 2016 qu’il a finalement mené les policiers jusqu’au cadavre.

Le décès de Catherine Racine-Ouellet est «extrêmement tragique et triste», a souligné l’avocat de défense, Me Mathieu Camirand. «Mais ce n’est pas la responsabilité de Monsieur, il est arrivé après le décès, rappelle l’avocat de défense. Même s’il avait appelé la police, elle serait quand même décédée.»

Me Camirand croit que son client, sans antécédent judiciaire, pourrait bénéficier d’une absolution, conditionnelle à 150 heures de travaux communautaires et à une probation de 18 mois.

Malcolm Albert Tremblay se présente comme une personne honnête et bienveillante. Il jure avoir seulement agi pour respecter les désirs de Catherine Racine-Ouellet.

Il a quand même accepté, fait remarquer la procureure de la Couronne, Me Sonia Lapointe, que sa conjointe donne naissance à son enfant «dans des conditions épouvantables».

«Il a fait preuve d’une insouciance grave face à l’enfant pour se sauver des services sociaux», estime Me Lapointe.

Pour la Couronne, la détention ferme doit venir punir ce sérieux cas d’entrave, dit-elle. Le poursuivant souhaite aussi que Tremblay soit en probation durant 18 mois et que l’homme, qui dit observer divers principes religieux, se soumette à une évaluation psychiatrique.

Le juge Christian Boulet fera connaître sa décision en novembre.