Lorsque Mohamed Labidi ouvre la porte de sa maison, il voit le devant de sa Toyota Corolla complètement enflammé.

La peur de la famille Labidi

Douze jurés ont commencé à entendre le procès de Marc Gagnon, accusé de l’incendie criminel du véhicule de l’ancien président du Centre culturel islamique de Québec. Mohamed Labidi et sa conjointe ont raconté la peur qu’ils ont eu de voir leur maison s’embraser.

La Couronne tentera de convaincre les jurés que Gagnon, 45 ans, de Québec, a participé au crime, le 6 août 2017, en aidant et encourageant Mathieu Bilodeau à commettre l’incendie criminel.

Bilodeau a déjà été condamné pour cet incendie criminel et a reçu sa peine en mars.

Mohamed Labidi, 60 ans, était président du Centre culturel islamique de Québec en août 2017.

Dans la nuit du 5 au 6 août, il est rentré chez lui, à Sainte-Foy, vers 00h30 et s’est endormi rapidement. Sa femme l’a toutefois réveillé en l’avertissant que quelque chose brûlait devant la maison.

Habiba Ben Mansour a témoigné devant les jurés avoir entendu deux détonations.

Lorsque Mohamed Labidi ouvre la porte de sa maison, il voit le devant de sa Toyota Corolla complètement enflammé. Une partie de sa haie de cèdres s’est embrasée et le feu menace d’avancer vers le bungalow.

Habiba Ben Mansour n’ose imaginer ce qui aurait pu se produire si toute la famille avait été endormie au moment où l’incendie criminel a été allumé. « Heureusement qu’on était réveillé parce que la maison aurait pu brûler », insiste-t-elle.

Mohamed Labidi saisit un sceau et fait des allers-retours entre le lavabo de la salle de bain et le stationnement pour tenter d’éteindre le brasier.

Il va glisser sur le carrelage mouillé et se fracturer une côte.

Immature, agressif et crédule

La responsable de la maison d’hébergement pour déficients intellectuels où a vécu l’incendiaire Mathieu Bilodeau d’octobre 2016 à septembre 2017 a aussi témoigné.

Hourya Attaoui a décrit le manque de maturité de Bilodeau, qui agissait comme un garçon de sept ans malgré ses 35 ans. « C’est quelqu’un qui n’avait pas de règle dans sa vie, qui ne se mêlait pas de ses affaires et qui pouvait croire n’importe quoi », estime Mme Attaoui.

Le début de la cohabitation a été difficile, indique la responsable. Bilodeau a fait des commentaires racistes envers les musulmans et envers les homosexuels.

Hourya Attaoui a une discussion avec son pensionnaire qui va réaliser qu’elle est musulmane et changer son discours. « Après, ça a été très correct », signale-t-elle.

À l’été 2017, Mathieu Bilodeau est oisif et son comportement laisse à désirer. Hourya Attaoui entame des démarches pour organiser son déménagement.

Il quittera finalement le 14 septembre, lors de son arrestation pour incendie criminel. 

Hourya Attaoui sait que Mathieu Bilodeau était ami avec l’accusé Marc Gagnon, un homme qui vivait à proximité de la résidence.,

Questionnée par l’avocat de Gagnon, Me Julien Grégoire, la responsable de la résidence a indiqué que son ancien pensionnaire Bilodeau était « capable de mentir ». Il pouvait aussi être agressif verbalement s’il était contrarié.