De la casse avait eu lieu lors de la manifestation du 20 août dernier, où 80 casseurs étaient venus de Montréal pour s’opposer au groupe La Meute et à la police.

La Meute et les antifascistes: Labeaume s’en remet à la police pour la manif

La Meute et les antifascistes rejettent la demande du maire de Québec «d’aller se faire voir ailleurs». Les deux groupes se rencontreront encore samedi après la violente manifestation d’août. Régis Labeaume se fait aujourd’hui discret dans ses commentaires, disant mettre sa confiance dans son service de police pour maintenir l’ordre.

«On ne veut pas vous voir à Québec! Vous nous coûtez cher. Vous portez atteinte à la réputation de la ville surtout dans une année où on a mis tellement d’efforts pour vendre notre ville au niveau touristique», avait pesté le maire au lendemain de la manifestation où 80 casseurs étaient venus de Montréal pour s’opposer au groupe La Meute et à la police. 

Interrogé mardi sur une confrontation possible entre les deux groupes, le maire demeure prudent dans ses commentaires pour ne pas attiser la haine. «Je vais avoir un dernier rapport vendredi parce que ça évolue», a commenté le maire, qui dit avoir confiance dans la capacité de son service à éviter la casse.

Christopher Chouinard, propriétaire du Grand Café sur la Grande Allée, a subi des dommages à son commerce en août. Il a aussi vu un homme se faire battre par cinq individus cagoulés. «J’ai trouvé qu’il n’y avait pas assez de policiers», explique-t-il. Cette fois, il espère qu’il y en aura suffisamment pour mieux protéger les personnes et les biens. 

Pour samedi, ce sera «business as usual». Il souhaite simplement que tout se déroule dans l’ordre.

La police nuance 

La police de Québec a nuancé mardi une information de La Meute. «Nous travaillons de concert avec le SPVQ et l’escouade antiémeute afin de coordonner et planifier la stratégie et les paramètres de sécurité. Afin que les opposants soient tenus à l’écart de notre groupe», écrivait dimanche soir un chef du groupe, Éric Proulx, sur la page Facebook de La Meute.

La police mentionne que «comme pour toute manifestation, on est en communication avec les organisateurs pour connaître leurs intentions, leur itinéraire, pour s’assurer que tout se déroule bien», sans plus, a dit l’agent Étienne Doyon.

Le porte-parole de la police de Québec a aussi indiqué avoir contacté les autres groupes [antifascistes] présents. «On a une bonne collaboration des deux côtés», a-t-il souligné. 

Sur les ondes de BLVD 102,1, le porte-parole de La Meute, Sylvain Brouillette, a indiqué que ses membres ne seront pas «plus provocants» samedi qu’ils ne l’ont été le 20 août, mais que cette fois, la présence des enfants sera déconseillée «pour une question de géographie de terrain». 

Sans dévoiler ses intentions, M. Brouillette a précisé que les militants, qui manifesteront contre «le mépris systémique du gouvernement Couillard envers la population québécoise», le niqab et la burqa, ne seront pas dans un endroit clos comme ce fut le cas le 20 août. Ils étaient restés enfermés de longues heures dans le stationnement avec leurs familles. 

«On ne sera pas plus provocants, mais c’est certain que la légitime défense, c’est un droit fondamental. On n’est pas obligé de se laisser taper dessus parce qu’il y a des gens qui ne sont pas d’accord avec nos opinions», a-t-il fait valoir.