La joie d’être crue

«Merci de m’avoir crue.» Jessica sanglote dans les bras de l’enquêteure Josée Boulet. Son père, André Tremblay, vient d’être condamné à une peine de prison de sept ans pour des agressions sexuelles commises sur elle, sur une de ses tantes et sur deux autres femmes de leur entourage.

«C’est grâce à toi», ajoute la jeune femme, en enlaçant la sergent-détective Josée Boulet. Cette dernière, émue aux larmes, lui répond que la victoire lui revient à elle et aux autres plaignantes.

La procureure de la Couronne Me Valérie Lahaie observe les «filles», comme elle les appelle, avec le sourire. Elle sait quel stress et quelle peine ces femmes ont dû endurer.

Au terme d’un périple judiciaire long de cinq ans, ponctué de multiples requêtes et changements d’avocat de l’accusé, André Tremblay, 57 ans, a finalement été condamné jeudi à une sévère peine de sept ans de pénitencier par le juge Hubert Couture. «Je vais aller en appel!» a aussitôt proclamé l’accusé, d’un ton bravache, avant d’être placé en détention.

Il y a quelques mois, André Tremblay a été déclaré coupable d’avoir multiplié les agressions sexuelles sur sa fillette Jessica, âgée de six ans au début des sévices. Alors qu’il était adolescent, Tremblay a aussi forcé sa sœur à avoir une relation sexuelle complète. Finalement, il a commis de nombreux attouchements sur deux jeunes femmes de son entourage. Les derniers crimes remontent à 1994.

Le juge Couture a souligné à quel point la vie des victimes a été brisée par l’accusé. D’autant plus que certaines ont subi de nombreuses menaces.