La GRC ferme cinq détachements régionaux au Québec

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a procédé vendredi à la fermeture de cinq de ses détachements à travers la province, au Saguenay-Lac St-Jean, à Rouyn-Noranda, à Trois-Rivières, à Drummondville et à Saint-Jérôme. L'institution indique ainsi procéder à une «restructuration de ses ressources au Québec».

Ce sont pas moins de 16 policiers et trois employés civils qui seront redéployés ailleurs dans la province dès vendredi, ce qui entraîne la fermeture immédiate de cinq départements régionaux. Au total, 19 employés sont donc touchés par la réforme. 

La GRC souligne toutefois que le redéploiement «ne diminue pas notre rôle, ni notre présence au Québec». 

Par voie de communiqué, l'organisation rappelle qu'elle n'offre aucun service de police «de proximité» dans la province de Québec.

Pas d'impact sur la sécurité

«Les changements apportés aujourd'hui n'ont aucun impact sur la sécurité du public, déclare-t-on. Les citoyens doivent communiquer avec leur service de police local pour assistance policière ou pour signaler un crime.»

Amorcé depuis plusieurs mois déjà, le redéploiement des ressources n'est donc pas à craindre, mais bien à comprendre, estime la GRC. L'exercice aurait été fait de manière «graduelle» afin de répondre efficacement aux priorités opérationnelles.

Celles-ci concernent surtout la protection des frontières, la lutte au terrorisme ainsi que les enquêtes d'envergure, traitant surtout de crime organisé de haut niveau. 

«Nos enquêtes se poursuivent partout à travers la province. Nos enquêteurs recueillent du renseignement et appliquent les lois fédérales, conclut-on. Nous collaborons avec nos partenaires de la police provinciale et municipale. Ces derniers sont responsables de la sécurité et de la prestation de services directs à la population.»

Des retraités émus 

Vendredi matin, le réseau TVA Nouvelles rapportait que plusieurs policiers à la retraite de la GRC se sont déplacés sur les lieux du détachement au Saguenay, qui était situé jusqu'à tout récemment sur la rue Newton, dans Chicoutimi. 

«Je voulais dire bonjour au détachement, a dit l'un d'eux, Gilles Tremblay, qui était visiblement ému par la nouvelle. C'est une autre page d'histoire qui se tourne dans la région.»

Selon lui, tout le monde ignorait, il y a à peine deux semaines, que le détachement allait fermer ses portes. Il a parlé d'un choc pour tout le monde dans la communauté de Saguenay-Lac St-Jean. 

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LES CONSERVATEURS BLÂMENT TRUDEAU

Le 3 juillet dernier, le ministre du Cabinet fantôme conservateur responsable de la Sécurité publique et de la Protection civile, Pierre Paul-Hus, a directement blâmé le premier ministre Justin Trudeau pour l'arrivée en sol canadien de milliers de migrants illégaux, qui créent une pression insoutenable sur les ressources de la GRC, selon lui.

«Depuis quelques mois, des milliers de migrants illégaux traversent la frontière sud du Canada à des endroits autres que des points d’entrée, créant une énorme pression sur les ressources de la GRC, en particulier au Québec.  La responsabilité de cette crise revient entièrement à Justin Trudeau et aux libéraux», a-t-il tranché à ce sujet. 

L'élu conservateur se désole du fait que plusieurs communautés perdent maintenant leur détachement de la GRC alors que les ressources sont réaffectées pour gérer cette crise, dit-il. 

«La GRC a aussi l’intention de redéployer des ressources pour la lutte contre le terrorisme et le crime organisé. Pourtant, dans le projet de loi C-75, les libéraux proposent d’assouplir les peines, ou même d’imposer seulement des amendes, pour des crimes graves liés au terrorisme et d’autres infractions dans lesquelles le crime organisé est impliqué», lance-t-il.

La fermeture de ces détachements est très inquiétante, aux dires de l'élu, pour les gens qui vivent dans les régions visées. Pierre Paul-Hus assure que les conservateurs «continueront à se battre pour les régions du Québec et assurer la sécurité de nos communautés».

«Les Canadiens sont en droit de savoir ce que font les libéraux pour assurer la sécurité de notre frontière, de nos communautés et de nos régions», conclut le conservateur, qui a demandé à rencontrer le ministre libéral de la Sécurité publique Ralph Goodale à ce sujet, en compagnie de Richard Martel, récemment élu chez les conservateurs dans Chicoutimi-Le Fjord.