Le sergent de la GRC François-Olivier Myette rencontre la presse mardi, à Montréal, à la suite du démantèlement d’un important réseau international de blanchiment d’argent.

La GRC épingle 17 personnes impliquées dans le blanchiment d’argent

MONTRÉAL - Ce sont finalement 14 suspects qui ont été arrêtés et détenus, lundi, en marge du démantèlement d’un important réseau international de blanchiment d’argent qui a mobilisé quelque 300 policiers à travers le pays. Trois autres suspects sont toujours recherchés.

L’enquête, qui a impliqué plusieurs corps policiers et enquêteurs de Revenu Canada, durait depuis 2016 et avait été déclenchée par la transmission d’une information en provenance de la Drug Enforcement Administration (DEA) des États-Unis.

L’argent provenait de groupes criminels de Montréal et était notamment écoulé par l’entremise de bureaux de change de Toronto.

Le réseau utilisait un système informel de transfert de valeurs ayant des ramifications au Liban, aux Émirats arabes unis, en Iran, aux États-Unis et en Chine. Les fonds étaient ensuite retournés vers des pays exportateurs de stupéfiants, tels que la Colombie et le Mexique.

Ce procédé permettait de blanchir d’importantes sommes d’argent provenant d’activités illégales, dont le trafic de stupéfiants.

Les organisations criminelles pouvaient ainsi effectuer des importations de stupéfiants par l’entremise de ce réseau.

L’opération, baptisée «Collecteur», a mené à la saisie d’importantes quantités de cannabis, de cocaïne, de haschisch et de méthamphétamine dont la valeur est estimée à près de 2,2 millions $. Aussi, les policiers ont mis la main sur 8,7 millions $ en devises canadiennes et étrangères et ont procédé au blocage de six propriétés, d’une valeur estimée à 15 millions $.

Une propriété de 7 millions $ a aussi été saisie par la GRC à titre de bien infractionnel.

La valeur totale des biens saisis et bloqués s’élève à 32,8 millions $.

En tout, 11 perquisitions ont été menées, soit quatre au Québec et sept en Ontario.

Parmi les individus appréhendés, les policiers ont mis la main sur les deux présumées têtes dirigeantes du réseau, Nader Gramian-Nik, 56 ans, de Vaughan, qui dirigeait la «cellule Ontario» et Mohamad Jaber, 51 ans, de Laval, à la tête de la «cellule Québec».

Les suspects font face à une kyrielle d’accusations allant de complot, possession de stupéfiants en vue d’en faire le trafic, recyclage des produits de la criminalité à gangstérisme.

Trois autres personnes qui avaient aussi été arrêtées ont été relâchées et ne feront face à aucune accusation.