La «fraudeuse aux sushis» Nancy Demers, qui avait extorqué de l’argent à une quarantaine de restaurateurs en moins de deux mois dans cinq régions du Québec, a plaidé coupable mardi aux nombreuses fraudes et a écopé d’une peine de 18 mois de prison.

La fraudeuse aux sushis plaide coupable

En pleine déchéance, Nancy Demers vivait dans sa voiture. Pour payer sa drogue, sa nourriture et son essence, elle avait trouvé sa cible : les restaurateurs.

La «fraudeuse aux sushis» Nancy Demers, qui avait extorqué de l’argent à une quarantaine de restaurateurs en moins de deux mois dans cinq régions du Québec, a plaidé coupable mardi aux nombreuses fraudes et a écopé d’une peine de 18 mois de prison.

Arnaqueuse au long cours, avec plusieurs antécédents criminels, la femme de 52 ans a atteint le fond du baril à l’automne 2017.

Elle s’est mise à écumer les restaurants de Québec, Lévis, Thetford Mines, Saint-Hyacinthe, Saint-Georges, Lac-Mégantic, Plessisville, Saint-Joseph-de-Beauce, entre autres. Elle avait une prédilection pour les bars à sushis et a visité à Québec le Kimono, le Oshima, Yan Sushi, Nihon Sushi et le Nicoli Sushi, notamment. Mais l’accusée avait aussi ciblé des établissements comme le Cochon Dingue, le Resto Délice, le Asthon, le Bureau de Poste ainsi que de multiples pizzérias et casse-croûte.

Partout, Nancy Demers répétait le même manège. Elle se présentait au comptoir en racontant avoir acheté de la nourriture pour emporter quelques jours plus tôt.

La fraudeuse disait que ses collègues et elle avaient ensuite repris la route et mangé leur repas dans la voiture. En mangeant, Nancy Demers se serait étouffée avec un bout de pellicule plastique. Elle aurait ensuite vomi sur sa facture, ce qui expliquerait l’absence de pièce justificative. Ses collègues, dégoûtés, n’auraient jamais été capables de terminer leur repas, selon ses dires.

La fausse cliente réclamait ensuite un remboursement total du repas, des sommes variant de 15 à 80 $, selon les établissements.

Si le restaurateur se montrait hésitant à rembourser, Demers menaçait de lui faire de la mauvaise publicité sur les réseaux sociaux.

Au total, elle a réussi à extorquer 1880 $ avant de se faire repérer grâce aux caméras de surveillance des restaurants.

Après de longues négociations, la procureure de la Couronne MGabrielle Guilbert et l’avocat de défense Me Denis Bernier en sont venus à présenter une suggestion commune de 18 mois de détention au juge Christian Boulet de la Cour du Québec. Nancy Demers est détenue depuis son arrestation. Une fois soustraite la détention provisoire, il lui reste sept mois et demi de prison à purger. La détention de la fraudeuse risque de s’allonger puisqu’elle ne sera pas en mesure de payer la suramende de 200 $ par chef d’accusation. Demers a encore des causes pendantes de fraude à Montréal et Longueuil.