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Le nouveau chef de police, Denis Turcotte et le maire Régis Labeaume
Le nouveau chef de police, Denis Turcotte et le maire Régis Labeaume

La FPPVQ somme le maire Labeaume de cesser ses «propos diffamatoires» à son égard

Élisabeth Fleury
Élisabeth Fleury
Le Soleil
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La Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec (FPPVQ) somme le maire Régis Labeaume de «cesser de tenir des propos diffamatoires» à son endroit et de «rectifier» ses allégations laissant entendre que le syndicat serait derrière les attaques anonymes faites la semaine dernière contre le nouveau chef de police, Denis Turcotte.

La nomination de M. Turcotte n’avait pas encore été officiellement annoncée, jeudi, qu’une source anonyme critiquait dans un article du Journal de Québec les compétences du nouveau chef, affirmant notamment que celui-ci manquait de «pogne». 

En conférence de presse, le maire Labeaume avait dit trouver «très grave» qu’on tente de miner l’autorité d’un chef de police le jour de sa nomination. Il avait déclaré avoir «une idée d’où ça vient», et que «si ça vient d’où on peut penser, ça fait mal à tout le service de police». «Ce n’est pas comme ça qu’on défend les policiers», avait-il ajouté.

Pour la présidente de la FPPVQ, Martine Fortier, il est clair que le maire de Québec visait le syndicat. 

«Cette allégation gratuite et sans fondements de votre part porte indéniablement atteinte à la réputation de notre organisation syndicale, sans compter qu’elle contribue certainement à nuire inutilement aux relations de travail», écrit la présidente de la Fraternité dans une lettre transmise au maire Labeaume et dont une copie a été envoyée lundi aux médias.

Martine Fortier rappelle que comme premier magistrat, Régis Labeaume doit à la fois veiller à la bonne administration des fonds publics et prôner «les saines relations de travail». 

«De par votre attitude et vos propos, non seulement imputez-vous à tous les contribuables de la ville de Québec des frais judiciaires inutiles induits par des poursuites dont vous êtes à l’origine, mais vous minez également les relations de travail, impliquant la multiplication de frais d’arbitrage de griefs et de déboursés judiciaires», écrit la présidente de la FPPVQ.

La policière déplore que le maire Labeaume se soit permis «à quelques reprises» de dénigrer la FPPVQ, notamment le 8 janvier dernier lorsqu’il a déclaré que la Ville ne s’attendait «à rien de bon de la part du syndicat», faisant référence aux craintes exprimées par la Fraternité sur la question des effectifs policiers requis pour faire respecter le couvre-feu imposé par le gouvernement Legault. 

«Absence d’introspection»

Martine Fortier souligne par ailleurs que le syndicat se questionne «grandement» sur «l’absence d’introspection» de la part de l’administration Labeaume eu égard à «la multitude de dénonciations publiques en lien avec des comportements répréhensibles» au sein du Service de police. 

«Ne serait-il pas plus adéquat de procéder à une évaluation du climat de travail qui prévaut au Service de police de la ville de Québec plutôt que de systématiquement blâmer la Fraternité, soit ouvertement, soit à mots couverts?Ne croyez-vous pas que certaines méthodes de gestion sont à l’origine de ce mal-être profond qui pousse des employés de la ville de Québec à s’adresser à des journalistes pour se faire entendre, dans l’espoir de faire changer les choses? Il est certes plus facile de dénigrer les instances syndicales plutôt que de valider la toxicité du climat de travail qui prévaut et d’agir pour y mettre un terme», dénonce la présidente de la FPPVQ.

Le Soleil rapportait en février que des allégations de harcèlement administratif et d’autres voulant que des officiers-cadres aient, au cours des dernières années, transmis à des candidats les questions-réponses à des examens de promotion et à des entrevues circulaient au sein du service de police.

Le SPVQ a d’ailleurs ouvert une enquête «afin de déterminer s’il y a des allégations de nature criminelle» concernant au moins un concours de promotion qui pourrait avoir fait l’objet «d’irrégularités», apprenait-on à la fin mars. L’enquête est menée sous la responsabilité de l’actuel chef de police, Robert Pigeon, dont le départ est prévu en juin. 

La direction du SPVQ a fait l’objet d’autres critiques le mois dernier, cette fois de la part du président des fonctionnaires municipaux du Québec, Réal Pleau, qui l’a accusée d’avoir voulu «étouffer» une plainte de harcèlement sexuel mettant en cause un officier-cadre et une employée civile du Service de police. 

Dans sa lettre de sommation à Régis Labeaume, la FPPVQ mentionne qu’elle n’a pas l’intention d’intenter une poursuite afin de ne pas imputer le fardeau financier découlant des paroles du maire aux contribuables de la ville de Québec et de ne pas dilapider les fonds de son organisation.

En point de presse, lundi, Régis Labeaume a fait savoir qu’il n’entendait pas revenir sur ses propos. «Je pense qu’ils n’ont pas compris que je dirai toujours ce que je pense. Je n’arrêterai pas à la 14e année», a dit le maire, selon qui le syndicat «aime beaucoup ça faire du bruit». «Je n’ai rien à répondre, ce sont des gens qui aiment ça faire du bruit», a-t-il répété.