Le pavillon Alphonse-Marie-Parent, qui a été le théâtre des agressions lors de la troublante nuit du 15 octobre, a été muni de deux lecteurs de cartes magnétiques.

La facture de la sécurité grimpe à l'UL

Les mesures de sécurité renforcées à l'Université Laval depuis la vague d'agressions sexuelles, le 15 octobre, coûtent plus de 22 000 $ par mois.
Le Soleil a obtenu la donnée grâce à une demande d'accès à l'information. Selon les documents obtenus, les mesures de sécurité ont coûté 18 580 $ du 15 octobre au 9 novembre inclusivement. Réparti sur une période d'un mois, le coût grimperait ainsi à un peu plus de 22 000 $.
Selon Monique Richer, secrétaire générale de l'Université Laval, ces chiffres ne comprennent que «le coût du personnel», comme les agents de sécurité. «Ces mêmes coûts sont récurrents puisque les mesures se continuent», a-t-elle aussi indiqué.
Dans les heures suivant les allégations d'agressions sexuelles en série contre l'étudiant Thierno-Oury Barry, la direction a ordonné à ses agents du Service de sécurité et prévention d'assurer une veille permanente dans les quatre pavillons abritant ses résidences. Les portes principales ont également été verrouillées de jour comme de nuit.
Répondant aux demandes de ses étudiants résidents après la vague d'intrusions du mois dernier, l'Université Laval a mis en place d'autres mesures transitoires en attendant les conclusions de son audit sur la sécurité, actuellement en cours. Le pavillon Alphonse-Marie-Parent, qui a été le théâtre des agressions lors de la nuit du 15 octobre, a été muni de deux lecteurs de cartes magnétiques. Les coûts associés à cette initiative n'ont pas été remis au Soleil, n'ayant pas encore été comptabilisés.
Une fois que ces lecteurs seront en fonction, les résidents du Parent troqueront leurs clés pour une carte, alors que les visiteurs devront s'identifier par interphone. Les agents de sécurité attitrés en permanence au pavillon depuis le 15 octobre, qui jusqu'ici demeuraient à l'entrée principale pour vérifier les allées et venues, demeureront en poste mais pourront ainsi patrouiller sur les étages et dans les corridors. Avant la vague d'agressions, la surveillance des résidences n'était que sporadique et incluse dans une tournée générale de la cité universitaire.
Brière sur le campus
La demande d'accès à l'information a également permis d'obtenir l'agenda du recteur de l'Université Laval, Denis Brière, dans les jours qui ont suivi la nuit fatidique du 15 octobre. Lors de la conférence de presse du lundi 17, où seule une porte-parole de l'établissement s'est présentée devant la meute de journalistes, il semblerait, selon les documents remis au Soleil, que M.Brière vaquait à ses occupations régulières. Il avait notamment un Conseil de direction en matinée et un rendez-vous téléphonique - dont l'interlocuteur n'est pas précisé ou a été caviardé - à 11h.
La conférence de presse, à laquelle aucun membre de la haute direction n'était présent, a été tenue à 10h30 ce matin-là.
Après avoir signalé un refus à plusieurs reprises la journée même, la Direction des communications avait fini par admettre que le recteur était sur le campus et «impliqué dans le dossier», sans toutefois dévoiler la nature des activités du plus haut dirigeant de l'établissement. Il était finalement sorti de son mutisme le lendemain et avait défendu son silence en affirmant qu'il ne voulait pas nuire à l'enquête. Il avait ensuite donné 9,5 sur 10 à son équipe pour la gestion de crise.