Le nombre de collisions mortelles est en hausse de 1,7% en 2017 sur le territoire desservi par la Sûreté du Québec.

La distraction a fait plus de morts sur les routes que l'alcool, constate la SQ

Le nombre de collisions mortelles est en hausse de 1,7 % en 2017 sur le territoire desservi par la Sûreté du Québec. Pour la première fois, la distraction arrive avant l’alcool parmi les causes probables de décès.

La SQ fait ce triste constat dans son bilan provisoire annuel dévoilé vendredi matin. Pour l’ensemble de la province, le nombre de collisions mortelles est passé de 240 à 244 comparativement à 2016. Le nombre de décès connaît quant à lui un léger sursaut de 260 à 269 pour les mêmes périodes.

« On vise toujours une baisse, mais la situation est quand même sous contrôle puisque la tendance est à la baisse depuis cinq ans », précise l’inspecteur Patrick Després, responsable de la sécurité routière à l’échelle provinciale.

Au chapitre des causes, la SQ place toujours la vitesse excessive au premier rang, malgré une légère diminution. L’an passé, elle est liée à 76 collisions mortelles comparativement à 89 l’année précédente.  Mais ça sera toujours trop puisqu’elle demeure parmi les causes probables de collisions mortelles dans plus de 30 % des cas en 2017, soit environ une collision sur trois.

Signe des temps, la distraction au volant, incluant l’utilisation du téléphone cellulaire, arrive au second rang des causes. Elle serait impliquée dans 9,8 % des collisions mortelles en 2017, dépassant ainsi pour une première fois l’alcool et la drogue au volant comme cause principale de collision mortelle.

« Il y a encore beaucoup de travail de sensibilisation à faire, reconnaît l’inspecteur, soulignant qu’il n’y a pas que le cellulaire comme distraction. Les conducteurs sont sollicités par les écrans interactifs [et autres outils technologiques] et ils font souvent deux ou trois choses à la fois. On en voit qui lisent, se maquillent ou mangent en conduisant. Remarquez le nombre de personnes qui disent avoir manquer une sortie d’autoroute parce qu’ils parlaient au téléphone même en mode mains libres », donne-t-il en exemple.

Bon an, mal an, la SQ émet 10 000 constats pour l’utilisation du téléphone cellulaire au volant. Un projet de loi sur la sécurité routière déposée à l’automne propose de tripler les sanctions pour les conducteurs qui textent au volant. Elles passeraient de 300 $ pour une première offense à 600 $ pour une récidive. Comme quoi, c’est notamment par le porte-feuille que les autorités veulent convaincre les automobilistes têtus de se conformer.

Toujours l’alcool

L’alcool, encore lui, termine la marche de ce trio mortel, en étant impliqué dans 9 % des collisions avec décès, une légère baisse. Malgré cela, la police doit maintenir la pression sur les conducteurs délinquants compte tenu du fait que la SQ arrête chaque jour 19 personnes pour les capacités affaiblies par l’alcool ou les drogues.

D’autre part, l’inspecteur Després affirme que son service est prêt à faire face aux conséquences possibles de la légalisation du cannabis prévue en juillet sur le nombre de conducteurs pris en flagrant délit. 

« La majorité des quelque 3500 patrouilleurs sont formés pour reconnaître les signes d’une personne sous l’influence des drogues. Aussi, nous avons déjà 31 agents évaluateur auxquels s’en ajouteront 16 autres d’ici l’été. D’autres seront formés à l’automne. Ce n’est pas nouveau pour nous. Nous venons de passer le cap des 1000 dossiers de capacités affaiblies par les drogues, seulement entre 2011 et 2015. »

Plus de morts chez les jeunes

La dernière année marque une première hausse en cinq ans du nombre de victimes âgées de 16 à 24 ans. Et quelle hausse ! Le nombre de jeunes victimes est passé de 39 en 2016 à 57 l’an passé. C’est un bond de 47 %.

De ce nombre, 15 étaient passagers. Et ce sont eux qu’il faut sensibiliser, soutient le policier. « Le défi c’est d’amener les jeunes à s’affirmer, verbaliser leurs craintes et à dire au conducteur de rouler moins vite et d’arrêter de s’exciter. »

L’alcool demeure un fléau. En 2014, 45 % des jeunes décédés avaient consommé de l’alcool, précise l’inspecteur. 

Ce bilan provisoire est en phase avec le bilan provisoire de la Société de l’assurance automobile du Québec. Au cours des dix premiers mois de 2017 pour l’ensemble du territoire et des corps policiers, la SAAQ enregistre 302 décès, soit sept de plus qu’en 2016. Cette année-là, il y a eu 351 morts au total des douze mois. La moyenne des cinq dernières années s’élève à 368.