Marie-Pierre Tremblay, ex-policière de la SQ, a raconté sa descente aux enfers liée à sa consommation de drogues et au stress post-traumatique au juge Alain Morand, qui aura à déterminer sa peine.

La descente aux enfers d'une ex-policière

Marie-Pierre Tremblay a renié son serment, trahi ses collègues et ruiné son boulot de rêve. L'agente de filature déchue tente maintenant de faire son deuil.
Le teint pâle, la mine abattue, l'ex-policière de la Sûreté du Québec raconte sa descente aux enfers au juge Alain Morand, qui aura à déterminer sa peine. 
La femme de 38 ans a plaidé coupable il y a plus d'un an à des accusations d'abus de confiance, d'utilisation frauduleuse d'un ordinateur, d'entrave à la justice et de possession de drogue. 
Consommatrice de cocaïne et de drogues de synthèse, Marie-Pierre Tremblay a connu Keven Harvey-Maltais dans un party en décembre 2012. Le jeune homme originaire d'Alma, tout comme Marie-Pierre Tremblay, est devenu le partenaire de lit et de consommation de la policière.
Les fêtes se multiplient. La policière retrouve ses amis avec qui elle avait pris de la drogue lors d'un premier épisode de consommation en 2009 et en 2010. À cette période, la jeune femme venait de rentrer très ébranlée d'une mission humanitaire en Haïti. Elle avait trouvé dans la drogue une échappatoire au mal de vivre qu'elle ressentait, a-t-elle témoigné.
Marie-Pierre Tremblay sait que Keven Harvey-Maltais a eu des démêlés avec la justice américaine. Harvey-Maltais a beau avoir toujours des stupéfiants à portée de main, elle ne se questionnera jamais à savoir s'il est ou non un trafiquant.
Au printemps 2013, Harvey-Maltais s'inquiète d'être constamment intercepté par les policiers. Marie-Pierre Tremblay propose de vérifier pour lui sa plaque d'immatriculation au Centre de renseignements policiers du Québec (CRPQ). Elle le fera à deux reprises et avisera son ami que les policiers de Montréal l'ont dans leur mire.
Lorsque les manoeuvres de la policière Tremblay sont détectées, une enquête s'ouvre et elle est interrogée par son patron, qui lui ordonne de cesser de voir Harvey-Maltais. Elle va continuer la liaison.
La jeune femme sera arrêtée en juin 2013, en même temps que le trafiquant.
Harvey-Maltais a depuis écopé de 42 mois de prison pour diverses accusations de trafic de stupéfiants.
Thérapie et réorientation
Depuis trois ans, Marie-Pierre Tremblay a fait plusieurs thérapies pour traiter sa toxicomanie, ses troubles alimentaires et son choc post-traumatique.
Elle est devenue électricienne et tente d'obtenir un emploi. Le deuil de son métier de policière reste à faire.
«Mon travail était tout pour moi», confie celle qui n'a jamais fondé de foyer. «Mais j'ai trahi mon organisation.»
La policière convient qu'elle aurait dû aller chercher de l'aide. Pour l'avancement de sa carrière, elle a préféré se taire et continuer à faire son travail.
Au moins deux projets d'enquête ont avorté en raison de la découverte des liens entre Marie-Pierre Tremblay et Keven Harvey-Maltais. Des procédures judiciaires ont été chamboulées.
Les agents de filature ont craint pour leur sécurité.
Le procureur de la Couronne, Me Guillaume Michaud et l'avocat de Marie-Pierre Tremblay, Me Jean-Roch Parent, plaideront sur la peine mardi.