Le conjoint de Karine Major, Alexandre Livernoche, et sa soeur Annie Major ont donné des détails sur l'état de la jeune femme en conférence de presse, samedi après-midi à Montréal.

Karine Major était en détresse psychologique

Karine Major vivait une grande détresse psychologique et c'est ce qui l'a poussée à quitter ses proches sans donner de nouvelles pendant huit jours et à traverser quatre provinces.
C'est ce que sont venus raconter Annie Major, la soeur de la jeune femme de Rimouski et son conjoint, Alexandre Livernoche, lors d'une conférence de presse tenue à Montréal samedi après-midi, en collaboration avec l'Association des familles de personnes assassinées ou disparues. «Personne n'a vu la détresse qui habitait Karine, ni sa famille, ni moi, a reconnu son amoureux. Maintenant qu'elle nous est revenue, nous allons lui donner l'aide dont elle a besoin. Avec le temps, elle guérira pour un retour à la vie normale.»
Karine Major a quitté son domicile de Rimouski le matin du 9 mai. Plutôt que de se diriger vers son lieu de travail situé à Amqui, où elle oeuvre comme chimiste, elle a pris la fuite en direction ouest. Elle a laissé son téléphone cellulaire à Trois-Pistoles, ce qui expliquerait qu'un signal ait été capté à plus d'une reprise dans les deux premiers jours de sa disparition à partir d'une antenne de Cacouna, située non loin de là. «Elle va quitter le Québec dans les premiers jours, avant même qu'on commence à médiatiser le tout, en a déduit M. Livernoche. Aussitôt que j'ai sonné l'alerte, elle était tout près des lignes ontariennes.»
«Retenue contre son gré»
Rendue au Manitoba, elle a abandonné son véhicule. «Elle va marcher jusqu'en Saskatchewan, a raconté Alexandre Livernoche. Elle va être prise en autostop par des gens malhonnêtes qui vont lui voler tout ce qu'elle avait sur elle. Je sais pas ce qu'ils lui ont fait, mais elle était retenue contre son gré. Elle a réussi à s'enfuir de ces deux personnes-là.» Dans une municipalité près de Regina, c'est elle qui a demandé à deux bons samaritains de lui prêter leur téléphone pour qu'elle puisse appeler les secours et sa soeur Annie.
L'avocat au dossier a expliqué que c'est une situation sur le plan social, dans sa vie personnelle, qui a été l'élément déclencheur de sa fuite. Selon Me Jean Denis, cette situation n'est pas en lien avec sa famille, ni son conjoint. «Ce qu'elle a vécu l'a mise dans une détresse qui lui a fait oublier qu'on était encore là pour elle», a mentionné M. Livernoche.
Annie Major et Alexandre Livernoche ont tenu à remercier la Sûreté du Québec, la population et les médias pour tous les efforts qui ont été déployés afin de retrouver la femme de 26 ans. «Pensez à ce qu'elle a dû endurer, a rappelé son conjoint. Elle aura besoin de compassion, d'amour et de respect.»
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La famille demande de ne pas déposer d'accusation
Me Jean Denis a rappelé que Mme Major a été arrêtée par la Gendarmerie royale du Canada, mais qu'il n'y a aucune accusation pour méfait public qui a été portée contre elle pour l'instant. «Karine a donné une première version et, par la suite, elle s'est rétractée, a-t-il relaté. Elle avait parlé d'enlèvement. Mais, il n'y a pas eu d'enlèvement. Il faut comprendre que, depuis plusieurs jours, elle ne dormait pas, elle ne mangeait pas, et elle était dans un état de confusion. Karine n'est pas encore dans un état pour pouvoir raconter tout ce qui s'est passé.»
Annie Major demande au Directeur des poursuites criminelles et pénales de ne pas déposer d'accusation contre sa soeur. «C'est quelqu'un qui n'allait pas bien, qui était en détresse», a-t-elle rappelé. «Ce qu'elle a fait n'était pas volontaire, a ajouté Me Denis. Elle n'a pas voulu tromper qui que ce soit.»