Jonathan Bertrand-Beaulieu a séché quelques larmes en entendant la sanction de la juge Johanne Roy.

Jonathan Bertrand-Beaulieu, coupable de sévices sur un détenu vulnérable

Le récidiviste Jonathan Bertrand-Beaulieu est déclaré coupable de voies de fait graves et d’agressions sexuelles répétées sur un codétenu vulnérable de l’Établissement de détention de Québec (EDQ).

Étranglement jusqu’à la perte de conscience, coups de pénis au visage, insertion des doigts et d’une fiole d’eau de Javel dans l’anus; Bertrand-Beaulieu, un ancien boxeur de 27 ans, a fait subir de nombreux sévices à Kevin*, 29 ans, dans le secteur à sécurité minimale de l’EDQ, à la fin de l’été 2018.

Après avoir entendu le procès, la juge Johanne Roy de la Cour du Québec a cru entièrement le témoignage de Kevin, qui, en raison d’une condition génétique, souffre d’un sévère retard de croissance et d’une forme de nanisme. «Le plaignant n’élude aucune question, donne plusieurs détails sans réticence ni hésitation, observe la juge Roy. Pour l’essentiel, il a livré une version détaillée, nuancée et empreinte de précision.»

La dénonciation de Kevin était appuyée par les propos de deux codétenus, témoins des agressions. Ces deux témoins ont été suffisamment choqués par les gestes de Bertrand-Beaulieu pour briser la loi du silence qui règne en prison et dire ce qu’ils ont vu.

Malgré leur passé violent, les deux détenus sont crédibles et fiables, estime la juge Roy. «C’est avec courage qu’ils quittent leur réserve et acceptent de témoigner sur ce qui s’est passé sous leurs yeux», note-t-elle.

Pas de contradictions

En écoutant la décision de la juge, Jonathan Bertrand-Beaulieu a gardé la même attitude qu’au procès, secouant la tête de découragement devant ce qui est, selon lui, une série de mensonges. À un moment, il a dû sécher quelques larmes.

La juge Johanne Roy n’a vu aucune trace de collusion dans les témoignages des différents détenus. Elle souligne que la défense n’est pas parvenue, en contre-interrogatoire, à soulever des contradictions.

En plus de l’accusation de voies de fait graves et d’agression sexuelle, Jonathan Bertrand-Beaulieu est aussi coupable de harcèlement et de menaces de commettre une agression sexuelle. Il est acquitté de l’accusation d’action indécente. Les représentations sur la peine auront lieu en septembre.

Avant de quitter la salle d’audience, la juge a pu entendre Bertrand-Beaulieu claquer violemment les portes menant au secteur de la détention.

* Prénom fictif. L’identité du plaignant est protégée par une ordonnance de non-publication.