Il a fallu plusieurs semaines avant que le tireur de 24 ans admette avoir visé la victime.

Jérémie-Viktor Lagacé plaide coupable pour le meurtre d'un touriste français

NEW CARLISLE — À quatre jours du début de son procès pour meurtre prémédité, Jérémie-Viktor Lagacé, accusé d’avoir tué le touriste français Fabrice Durand le 22 août 2017 dans le sentier des chutes à Picot, a plaidé coupable jeudi matin à une accusation réduite de meurtre sans préméditation.

Le procès de l’homme de 24 ans devait commencer lundi au palais de justice de New Carlisle avec la sélection du jury. Fabrice Durand, âgé de 23 ans, avait été atteint par un projectile de carabine à la tête, alors qu’il marchait en compagnie de sa conjointe, Ludivine Marcoux, également de France. Le couple devait retourner dans ce pays dans les jours suivants.

Le sentier des chutes à Picot est situé en périphérie de Saint-André-de-Restigouche, en Gaspésie.

Jérémie-Viktor Lagacé vivait dans ce village jusqu’à son incarcération, dans les heures suivant le meurtre.

L’un des avocats de la défense, Marcel Guérin, précise que sa collègue Catherine Mercier et lui discutaient depuis un certain temps avec les procureurs Florence Frappier-Routhier Guy Loisel, de la direction des poursuites criminelles et pénales.

«Les discussions ont commencé il y a trois semaines. L’élément déterminant? On a assez négocié, on a eu assez de rencontres. On a fait notre bout de chemin des deux côtés», aborde Me Guérin. «J’étais convaincu qu’il [son client] serait coupable de meurtre non prémédité. Il n’y avait pas de place pour un homicide involontaire. On a épargné un procès coûteux pour le système judiciaire», ajoute Me Guérin.

Il croit aussi que la poursuite «n’avait pas assez de preuve pour une condamnation pour meurtre au premier degré [avec préméditation]. Il [Me Loisel] se serait déchargé de son fardeau pour un deuxième degré».

La preuve indique que Jérémie-Viktor Lagacé a tiré sur Fabrice Durand délibérément, avec une carabine Tikka .270, munie d’une lunette. C’est un gros calibre. Il l’a atteint en haut de la nuque, à la base du crâne. M. Durand est mort instantanément. Le tireur avait rencontré le couple quelques instants auparavant. Il a offert son aide à Ludivine Marcoux après avoir caché son arme. Il lui a dit ne pas être l’auteur du tir. Elle a d’abord cru à sa version.

Même après son arrestation, Jérémie Lagacé a d’abord nié être à l’origine du tir, avant d’admettre qu’il en était l’auteur, mais que c’était un tir accidentel, sans viser la victime. Il faudra plusieurs semaines avant qu’il modifie cette version, ce qui explique pourquoi les accusations de meurtre ont été déposées plusieurs semaines après l’événement.

Marcel Guérin croit qu’il est possible que les deux parties s’entendent sur une suggestion commune de sentence lors des plaidoiries à ce sujet qui seront entendues le mardi 2 avril par le juge Guy Deblois, de la Cour supérieure. Le magistrat devrait rendre sa décision le lendemain.

À perpétuité

Jérémie-Viktor Lagacé est automatiquement condamné à la prison à perpétuité, mais la décision portera principalement sur la période à l’issue de laquelle il serait admissible à une libération conditionnelle. Cette période varie entre 10 et 25 ans. Me Florence Frappier-

Routhier précise de son côté «qu’on peut s’attendre à avoir des témoignages du côté des victimes».

C’est Ludivine Marcoux qui devrait témoigner pour les victimes. Les accusations d’usage négligent d’une arme à feu et de bris d’ordonnance pesant contre Jérémie Lagacé ont été abandonnées. Les accusations de vol d’armes et d’entrée par effraction seront traitées par la cour vendredi.

D’autre part, l’attaché judiciaire du palais de justice de New Carlisle, Me Marie-Ève Cormier, signale que les 200 candidats au jury n’ont plus besoin de se présenter à la cour lundi.