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Jean-François Roy
Jean-François Roy

Jean-François Roy avait-il l’intention de tuer... ou pas

Isabelle Mathieu
Isabelle Mathieu
Le Soleil
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Jean-François Roy a-t-il tué un chauffeur de taxi pour se prouver qu’il était «quelqu’un»? Était-il au contraire incapable de formuler l’intention de tuer en raison d’une psychose?

Le second procès du Beauceron, accusé du meurtre de Hygin Veilleux, un chauffeur de taxi sans histoire, s’est conclu jeudi à Québec.

Jean-François Roy, 37 ans, admet avoir poignardé puis étouffé le chauffeur de taxi âgé de 73 ans.

Contrairement au premier procès, Roy ne réclame plus un verdict de non-responsabilité pour cause de troubles mentaux.

Selon la défense, il devrait plutôt être déclaré coupable d’homicide involontaire, car, le 7 novembre 2014, il n’était pas en mesure de formuler l’intention spécifique de tuer M. Veilleux. La psychiatre de la défense conclut que le jugement de Roy était alors altéré par une psychose liée à la consommation de stupéfiants ou par son trouble de personnalité limite.

Si le juge François Huot de la Cour supérieure en arrive à la conclusion que Roy avait l’intention de tuer le chauffeur de taxi, la défense soumet que la preuve soulève un doute sur le fait qu’il a commis le meurtre «de propos délibéré», soit de façon pensée, réfléchie. L’accusé devrait alors être déclaré coupable de meurtre au second degré.

«Tout le noeud de l’affaire, c’est son état mental au moment de prendre la décision, résume l’avocat de la défense Me Gabriel Michaud-Brière. Une fois que sa décision est prise, une fois qu’il est dans sa «track», il allait le faire.»

La Couronne réclame le même verdict que celui prononcé par le jury au premier procès; coupable de meurtre au premier degré. Le procureur de la Couronne Me François Godin demande à la cour de rejeter le témoignage de l’accusé, rempli de réponses évasives et de trous de mémoire. Selon le ministère public, Jean-François Roy n’a jamais été en état de psychose au moment du crime. Il a pris soin de cacher le corps de M. Veilleux au fond du véhicule taxi et est allé le stationner soigneusement à quatre rues de son logement de Saint-Georges. S’il ne s’est pas débarrassé du couteau ou de ses vêtements souillés, «c’est qu’il voulait se faire prendre et passer le reste de sa vie en prison», fait remarquer Me Godin.

Le juge François Huot prononcera le verdict à la mi-juillet.