Le militant altermondialiste Jaggi Singh a affirmé mercredi qu'un «climat de racisme» planait sur Québec. 

Jaggi Singh ne veut pas d'un procès à Québec

Le militant altermondialiste Jaggi Singh demande à ce que son procès soit tenu à l'extérieur de Québec, étant donné le «climat de racisme» qui règne dans la capitale.
«Je peux pas avoir un procès juste et équitable ici à Québec», a déclaré M. Singh devant le juge Paulin Cloutier de la cour municipale de Québec, mercredi matin. 
Selon lui, les déclarations du maire de Québec Régis Labeaume et le comportement du système de justice à son endroit ces dernières semaines justifient cette requête. «Ici, plusieurs juges, la Couronne et la police sont les bouffons de Régis Labeaume», a-t-il argué devant la cour, lui qui se défend seul, sans avocat. 
M. Singh a demandé d'ajouter à la preuve la chronique «À quoi sert la police de Québec?» d'Yves Boisvert, publiée dans La Presse, le 31 août dernier. Une demande refusée par le juge, qui a demandé à l'accusé d'attendre son procès. 
Le juge s'impatiente
Un peu plus tard, M. Singh s'est indigné devant la cour des semaines qui se sont écoulées avant que la population apprenne que la voiture de Mohamed Labidi, président du Centre culturel islamique de Québec, avait été incendiée. «Vous prenez pas le racisme au sérieux ici à Québec!»
Le juge Cloutier s'est par la suite impatienté. «M. Singh, vous ferez vos représentations devant le juge. Vous allez arrêter de plaider pour les journalistes», a-t-il répliqué.
M. Singh a également demandé à la cour qu'un vérificateur externe confirme qu'il n'existe aucun lien, présent ou passé, entre les policiers de même que les employés de la Ville de Québec et des groupes d'extrême droite. «C'est une requête pas orthodoxe, mais quand même, que je vais pousser», a commenté le Montréalais de 46 ans à sa sortie de la cour. 
Le juge Cloutier n'a pas statué sur la recevabilité de ces requêtes, mais a demandé à ce qu'elles soient étudiées le 30 novembre, à la cour municipale de Sainte-Foy, par un juge bilingue. 
Rappelons que M. Singh est accusé d'entrave au travail des policiers et de supposition de personne, pour avoir dit aux policiers qu'il s'appelait Michel Goulet, comme l'ancien joueur des Nordiques, lors de la contre-manifestation qui s'est tenue le 20 août, à Québec. Le militant était alors dans la capitale pour s'opposer aux groupes d'extrême droite. L'Indo-canadien a été arrêté quelques jours plus tard, à Montréal. 
La semaine dernière, sa présence en cour municipale avait été saluée par des manifestants et avait duré toute la journée, l'accusé ayant demandé à se défendre devant un juge bilingue. Les procédures ont cette fois-ci duré environ une heure, elles se sont déroulées en français et l'accès à la salle de cour était contrôlé par deux policiers de la Ville de Québec, une mesure inhabituelle.