Thierno-Oury Barry

Introductions dans les résidences de l'UL: l'accusé de retour en classe à l'UQAR

Le jeune Thierno-Oury Barry, expulsé du campus de l'Université Laval après avoir été accusé d'une série d'introductions par effraction dans les résidences et de quatre agressions sexuelles sur des étudiantes, retournera en classe dès septembre à l'UQAR, campus de Lévis.
Malgré l'opposition de la Couronne, la juge Chantale Pelletier a consenti mercredi à modifier les conditions de remise en liberté provisoire de l'étudiant en économie, âgé de 20 ans.
Lorsqu'elle avait accepté que l'accusé, sans antécédent judiciaire, reprenne sa liberté durant les procédures le 11 novembre dernier, la juge Pelletier avait assigné le jeune Barry à domicile, 24 heures sur 24. Il devait toujours sortir accompagné de l'un ou l'autre de ses parents.
Thierno-Oury Barry aura le droit de se rendre seul au campus de Lévis de l'UQAR, mais seulement pour y suivre ses cours ou pour ses autres tâches scolaires. Pour toutes autres sorties, il devra continuer à être accompagné de son père, ingénieur à la retraite qui vit normalement en France, ou de sa mère.
Les deux parents ont déposé ensemble la somme de 10 000 $ en guise de caution. L'accusé s'est lui-même engagé pour une somme de 5000 $, et a déposé au greffe ses passeports délivrés par la France et la Guinée, son pays d'origine.
L'accusé devra continuer à se rapporter au poste de police une fois par semaine et s'abstenir de consommer de l'alcool.
Dans sa dénonciation, la poursuite allègue qu'au petit matin du 15 octobre 2016, Thierno-Oury Barry s'est introduit par effraction dans 10 chambres du pavillon Alphonse-Marie-Parent. Pour quatre plaignantes, la poursuite allègue que l'accusé a commis une agression sexuelle. Pour six autres plaignantes, il est allégué que l'accusé avait l'intention de commettre une agression sexuelle.
Finalement, Barry est accusé d'avoir tenté de s'introduire par effraction dans deux autres chambres du Parent.
Depuis le début des procédures, une ordonnance de non-publication nous empêche de rapporter la preuve présentée afin d'éviter de contaminer un éventuel jury.
Cette même ordonnance prive les médias de détailler les motifs qui ont conduit la juge à modifier les conditions de remise en liberté.
Thierno-Oury Barry doit subir son enquête préliminaire le 31 janvier et le 1 et 2 février 2018.
Présomption d'innocence
En entrevue téléphonique au Soleil, le vice-recteur à la formation et à la recherche François Deschênes ne commente pas le cas Barry, mais explique que ce n'est pas la première fois où un étudiant est admis alors qu'il fait face à des accusations criminelles. «On traite ces dossiers au même titre que ceux des autres étudiants», indique M. Deschênes, en insistant sur le principe de la présomption d'innocence.
Lorsqu'un étudiant a des conditions de remise en liberté à respecter, l'université va mettre en place des mesures d'accommodements, dans la limite du raisonnable, précise le vice-recteur. Il est par exemple possible de permettre la présence d'un accompagnateur.
Dans ces cas, les professeurs sont informés de l'existence des conditions.