Lors de l’incendie du 6 janvier 2016, Nathalie Chicoine, son conjoint Claude Gignac Jr et Jason Chicoine, 10 ans, s’étaient lancés dans le vide parce que le camion-échelle était brisé.

Incendie de la rue Cyprès en 2016: 520 000$ pour la famille qui a sauté du 4e étage

La Ville de Québec a conclu une entente hors cour avec la famille qui avait sauté du 4e étage par la fenêtre de son logement en feu ; c’était en janvier 2016, quand les pompiers n’avaient pu déployer leur échelle. Sans admettre sa responsabilité, la mairie verse 520 000 $.

«Le 6 janvier 2016, un incendie s’est déclaré au 4220, rue des Cyprès à Québec», rappelle un document municipal publié jeudi. «Le feu a pris naissance dans le logement numéro 406, lequel était occupé au moment de l’incendie.»

Nathalie Chicoine, son conjoint Claude Gignac Jr et Jason Chicoine, 10 ans, s’étaient finalement lancés dans le vide parce que le camion-échelle était brisé. L’enfant s’en était sorti avec une bonne frousse. Mais les parents avaient été grièvement blessés; la mère surtout qui avait subi de nombreuses fractures et avait été plongé à un coma artificiel durant quelques jours.

Le cabinet d’avocats de Guy Bertrand avait rapidement saisi le dossier. Le juriste reprochait à la Ville et ses pompiers d’avoir failli à leurs obligations de protéger les trois résidents du secteur Charlesbourg. «Les occupants, ainsi que certains des membres de la famille [réclamaient] à la Ville de Québec la somme totale de 1 458 089,24 $», lit-on dans le résumé de la décision des élus municipaux entérinant l’entente à l’amiable.

Trois ans et demi plus tard, les belligérants ont finalement décidé de mettre un terme à la confrontation. «Après analyse et à la suite de négociations entre les procureurs, il est recommandé de régler hors cour le présent dossier pour une somme globale de 520 000 $, en capital, intérêts, indemnité additionnelle et frais, afin de mettre fin au litige opposant les parties, et ce, sans admission de responsabilité.»

Versions contradictoires

Cet incident avait fait couler beaucoup d’encre. Des témoins avaient critiqué l’intervention des pompiers. Mais un rapport du Commissariat aux incendies de la Ville de Québec avait blanchi les sapeurs.

Le commissaire Jean-Pierre Boilard avait plutôt visé des témoins qui auraient incité les victimes à se jeter par la fenêtre. «Devant la gravité de la situation et suite aux recommandations de certaines personnes qui auraient eu intérêt à se taire et à laisser les pompiers faire leur travail, ceux-ci ont sauté de la fenêtre de la chambre à coucher de la locataire des lieux.» 

Il ajoutait : «Il y a eu un problème mécanique avec le véhicule 408 et après avoir constaté qu’il ne réussissait pas à monter l’échelle, le pompier a informé l’officier du 208 de demander l’échelle à crochet [...] Ce plan B fut rapidement mis à exécution, mais n’a pu être conduit à terme pour les raisons mentionnées plus haut.»

Sauf que des témoignages de trois policiers contredisant cette version, affirmant plutôt qu’un pompier avait recommandé au couple et à l’enfant de plonger, avaient par la suite surgi…