Antoine Sylvain-Martineau a été amené au palais de justice lundi après-midi pour répondre du meurtre au premier degré de Jean-Pierre Rioux, un Gaspésien de 63 ans, qui a travaillé et habité avec lui.

Il confesse le meurtre d'un collègue

Antoine Sylvain-Martineau ne dort plus et ne mange plus depuis des jours. Il ne sait plus le jour ni l'année. Lorsque les policiers de Québec viennent le chercher, il leur dira que sa place est en cellule et pas à l'hôpital car il a tué un homme.
Le mince jeune homme blond à la barbe pâle a été amené au palais de justice lundi après-midi pour répondre du meurtre au premier degré de Jean-Pierre Rioux, un Gaspésien de 63 ans, qui a travaillé et habité avec lui.
Ses parents sont entré dans la salle d'audience, après avoir fui les caméras. 
La comparution attendra quelques jours. D'abord, la Couronne veut savoir si Sylvain-Martineau est mentalement apte à subir son procès.
La victime, Jean-Pierre Rioux, 63 ans
Les informations données par Antoine Sylvain-Martineau ont amené les policiers sur une terre à bois de Saint-Apollinaire.
Dimanche, la mère d'Antoine Sylvain-Martineau a appelé le 9-1-1 tellement l'état de son garçon l'inquiétait. Dépressif, insomniaque, son fils refuse de manger et verrouille les portes, en pleine paranoïa, selon sa mère. 
Il a même enlevé tous ses vêtements et s'est précité au logement de ses grands-parents, un étage plus haut. Avant cela, il tournait sur lui-même sur le divan, l'air déconnecté.
Lorsque les policiers arrivent au logement de la rue Labbé-Beauchemin à Beauport, le jeune homme se tient dans le haut des marches, toujours nu. Il ferme les yeux, se raidit et tombe tête première dans l'escalier.
Les ambulanciers le conduisent à l'hôpital de l'Enfant-Jésus. Sylvain-Martineau demande à parler aux policiers. Il affirme que sa place est derrière les barreaux car il doit confesser un crime.
Antoine Sylvain-Martineau aurait avoué avoir tué Jean-Pierre Rioux. Les informations qu'il donne amènent les policiers sur une terre à bois de Saint-Apollinaire, propriété en partie de Jean-Marc Martineau, oncle et employeur de l'accusé et de la victime. 
Inexplicable
M. Martineau, gérant de la quincaillerie Placide Martineau, se perd en conjectures sur les raisons qui auraient poussé son neveu à tirer un coup de feu mortel sur son ami et ancien beau-frère Jean-Pierre Rioux.
Rioux, connu sous le surnom de «capitaine», avait pris l'habitude de fermer sa maison de Nouvelle, en Gaspésie, en octobre et de venir passer l'hiver chez des amis de Saint-Apollinaire.
«Il économisait en chauffage, en électricité et nous, le monde de la famille, on l'hébergeait et on le nourrissait», explique Jean-Marc Martineau.
Jean-Pierre Rioux pouvait aussi travailler comme homme à tout faire à la quincaillerie.
L'accusé et la victime passaient beaucoup de temps dans la même maison en plus du commerce. Une chicane a pu finir par éclater, soumet M. Martineau.
«Ce sont deux têtes de cochon et Jean-Pierre pouvait être accaparant», confie Jean-Marc Martineau. «Il était à Saint-Apollinaire depuis octobre et d'habitude, il repartait pour la Gaspésie au printemps. Mais là, il collait, il ne repartait plus.»
Antoine Sylvain-Martineau a quelques antécédents criminels, mais jamais en matière de crimes contre la personne. Il a déjà été condamné pour fraude à l'identité, recel, trafic de stupéfiants, mais n'a jamais fait plus qu'une quarantaine de jours de prison.
Lorsqu'il reviendra devant la cour le 7 juillet pour la comparution officielle, il sera accusé d'un crime pouvant lui valoir la prison à perpétuité.  Avec Jean-François Néron
La défense s'oppose à la demande d'examen de la Couronne
Pour une rare fois, la défense s'est opposée à la demande d'examen sur l'aptitude à comparaître. L'avocat d'Antoine Sylvain-Martineau, Me Marc Delisle, disait n'avoir nul besoin d'un énième rapport de psychiatre pour dire qu'un de ses clients est apte. 
L'avocat souligne en outre le caractère incongru de demander un examen pour un individu qui a été soumis à un interrogatoire vidéo. «Si c'était si vrai qu'il était malade, pourquoi les policiers auraient fait un interrogatoire?» demande l'avocat de la défense. 
Le psychiatre qui a évalué le jeune homme dimanche ne croyait pas avoir un patient en psychose toxique, mais percevait un «tableau psychotique». 
Le psychiatre demandait d'ailleurs à ce que le patient soit ramené à l'hôpital après les procédures légales. La procureure de la Couronne Me Sarah-Julie Chicoine a insisté sur l'importance d'avoir un accusé qui comprend le processus judiciaire. Le résultat de l'examen sera connu dans trois jours.  Isabelle Mathieu