Huit ans pour le séropositif délinquant Simon Roussel

Vivre avec la peur au ventre d'être porteuse d'une maladie mortelle. Abandonner son boulot. Penser en finir avec la vie. C'était le calvaire de la conjointe de Simon Roussel, séropositif condamné à huit ans de pénitencier.
Le Lévisien de 47 ans a plaidé coupable en janvier à une accusation d'agression sexuelle mettant en danger la vie d'autrui. Durant des mois, il a eu des relations sexuelles presque chaque jour avec sa conjointe sans lui révéler qu'il était porteur du VIH et de l'hépatite C.
Infecté depuis 2001, Roussel a une charge virale indétectable. Malgré tout, ses médecins l'avaient averti de toujours utiliser un préservatif et d'informer ses partenaires sexuelles.
En 2005, Simon Roussel a plaidé coupable à une accusation de voies de fait graves pour ne pas avoir divulgué sa condition à sa conjointe de l'époque et avoir eu plusieurs relations sexuelles non protégées. Il avait alors écopé d'une peine de 38 mois de pénitencier.
Cette fois-ci, les parties se sont entendues pour suggérer au juge Alain Morand une peine de huit ans de pénitencier, de laquelle il reste un peu plus de six ans à purger.
La plus récente victime a vu une partie de sa vie détruite et peine à remonter la pente, a expliqué la procureure de la Couronne, Me Valérie Lahaie.
La dame avait extrêmement peur d'être contaminée et a sombré dans la dépression durant de longs mois.
Elle était dégoûtée par la situation et craignait que les gens apprennent ce qui lui était arrivé. C'est pour cette raison qu'elle n'a jamais voulu venir à la cour.
«La victime vit toujours un grand sentiment d'injustice et a l'impression qu'il a joué avec sa vie», ajoute la procureure.
Délinquant à contrôler
Simon Roussel, qui présente toujours un risque de récidive de moyen à élevé, a été déclaré délinquant à contrôler. À sa sortie de détention, il sera donc encadré par les services correctionnels durant encore 10 ans.
Il sera aussi inscrit au registre des délinquants sexuels pour le reste de sa vie.