C'est à cet endroit que Michaël Fiset et Pierre Thibault ont péri, tous près de quatre résidences.

Hommes morts dans le blizzard: une famille songe à poursuivre

La famille de Pierre Thibault, l'un des deux hommes décédés dans le blizzard de la semaine dernière, songe à poursuivre la Sûreté du Québec et le ministère des Transports, pour ne pas avoir déployé les ressources nécessaires afin de venir en aide aux victimes.
Le véhicule dans lequel se trouvait Pierre Thibault, 42 ans, et Mickael Fiset, 33 ans, deux collègues de l'Entreprise Gilmyr, s'est enlisé mardi soir sur la rue principale à Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud près de Montmagny alors qu'ils rentraient à la maison après leur quart de travail. Ils ont été retrouvés le lendemain. M. Thibault était toujours dans le véhicule alors que M. Fiset était à proximité, à l'extérieur de la camionnette.
L'avocat bien connu, Me Marc Bellemarre, a accepté d'examiner ce dossier qui révèle, selon lui, des failles importantes dans l'opération de secours mise en place par les autorités.
Pierre Thibault (1975-2017)
«On sait qu'il y a eu un appel de détresse fait à 23h23 et qu'il y a eu deux motoneiges qui ont tenté de se rendre sur les lieux. Si c'est seulement ça (l'opération de sauvetage), ça manque d'effectif. C'est assez anémique», soutient le juriste.
«Si tu n'es pas capable de porter secours avec deux motoneiges, tu fais autre chose, poursuit-il. On est quand même dans une région assez accessible, populeuse, pas très loin de Montmagny, sur une voie publique entretenue par le ministère. Avec l'expérience qu'on a de l'hiver et tout l'équipement disponible, on pense qu'ils n'ont pas fait suffisamment.»
L'avocat reproche aussi aux autorités de laisser les familles des victimes dans l'ignorance. «Ils veulent savoir ce qui s'est produit. Les pouvoirs publics doivent répondre et donner la chronologie des événements. Les Québécois doivent avoir le droit d'être en sécurité lorsque survient un événement comme celui-ci.»
Enfin, Me Bellemare estime qu'un coup de fil du premier ministre, du ministre Coiteux à la Sécurité publique ou du ministre des Transports, Laurent Lessard, aurait été, au minimum, un geste de civilité apprécié. «Personne n'a appelé pour leur dire qu'il était attristé et consterné par la situation. Il me semble que ça aurait été la meilleure chose à faire. Ils attendent toujours l'appel.»