Pendant plusieurs années, Johnny Hallyday a aussi possédé un chalet dans la très sélecte station suisse de Gstaad qui a été vendu en 2015.

Hallyday: première passe d’armes devant la justice

NANTERRE - Premier round judiciaire jeudi dans le conflit qui déchire le clan du chanteur français Hallyday: un juge doit examiner la demande de ses enfants David Hallyday et Laura Smet, qui réclament un droit de regard sur l’album posthume de leur père.

L’image de la famille unie renvoyée le 9 décembre dernier lors des funérailles de Johnny Hallyday sur le parvis de l’église de La Madeleine à Paris n’est qu’un lointain souvenir. Trois mois plus tard, la justice va devoir trancher.

Depuis le 12 février et une lettre de Laura Smet transmise à l’AFP, la guerre est ouverte entre les deux aînés du rockeur et sa veuve, Laeticia, unique bénéficiaire de l’ensemble du patrimoine et des droits d’artistes de son défunt mari.

«J’ai choisi de me battre», confiait alors la fille de l’actrice Nathalie Baye dans son courrier, rejoint dans sa démarche par son demi-frère, le fils de la chanteuse Sylvie Vartan, David Hallyday, resté fort discret depuis le début de l’offensive.

Les deux aînés ont déposé une assignation devant la justice française pour contester les modalités de succession de leur père, rédigées en Californie où il a résidé. Ils estiment que son testament les «déshérite», ce qui est impossible en droit français, et demandent «que la succession soit soumise aux règles de dévolution légales» en France, selon des sources proches du dossier. Aucune date n’a pour l’instant été fixée pour l’examen de ce volet de l’affaire, qui pourrait prendre des mois, voire des années.

En attendant, Laura Smet et David Hallyday ont également saisi en référé (procédure d’urgence) le président du tribunal de grande instance de Nanterre, près de Paris, afin de «prendre connaissance du projet d’album posthume» de Johnny Hallyday. C’est cette demande qui doit être examinée jeudi.

Le rockeur a travaillé une grande partie de l’année 2017 à ce 51e album studio, inachevé, pour lequel une dizaine de chansons ont été enregistrées.

Prérogatives d’héritier

Laura Smet, 34 ans, souhaite «pouvoir exercer ses prérogatives d’héritier, pour pouvoir confirmer le respect de l’intégrité artistique de l’entier contenu de cet album», a indiqué à l’AFP l’un de ses avocats, Me Emmanuel Ravanas. Une demande à laquelle Laeticia Hallyday a «sèchement opposé une fin de non-recevoir», a-t-il précisé.

Les enfants Hallyday demandent également, par le biais de cette procédure, le gel des biens immobiliers et la mise sous séquestre des droits d’auteur de leur père, dans l’attente que la justice tranche le litige sur l’héritage.

Décédé à 74 ans d’un cancer du poumon le 6 décembre, Johnny Hallyday possédait deux villas à Los Angeles et Saint-Barthélémy, dans les Antilles françaises, ainsi qu’une autre à Marnes-la-Coquette, près de Paris qui aurait fait l’objet d’une donation à son épouse il y a plusieurs années, toutes estimées à entre 10 et 15 millions d’euros. Il disposait également de droits sur plus d’un millier de chansons.

Laeticia Hallyday a de son côté peu communiqué depuis le début de l’affaire. Réagissant quelques heures après la lettre de Laura Smet, elle avait fait part de son «écoeurement» avant de disparaitre des réseaux sociaux dont elle était pourtant une fervente adepte.

Le 1er mars, un peu plus de deux semaines après l’éclatement du conflit, elle a publié un communiqué par le biais de son avocat Me Ardavan Amir-Aslani. Johnny a «pris toutes les décisions concernant sa succession avec toutes ses facultés mentales et son libre-arbitre», y affirme-t-elle.

Me Amir-Aslani a également assuré que Johnny avait «fait le nécessaire de son vivant pour mettre ses enfants majeurs à l’abri du besoin», via des donations.

Laura Smet a notamment bénéficié de deux donations lui permettant d’acheter un appartement de plus de 100 m2 situé rue Bonaparte, dans le très luxueux VIe arrondissement de Paris.

David aurait lui reçu en 2002 la moitié d’une luxueuse villa du XVIe arrondissement de Paris appartenant à ses parents et qui «serait aujourd’hui estimée à près 20 millions d’euros», selon la radio RTL.

Maisons, voitures, motos, chansons, le patrimoine de Johnny Hallyday

Propriétés luxueuses, voitures, motos, chansons: le patrimoine du chanteur français Johnny Hallyday, dont les enfants Laura et David demandent le gel, représenterait plusieurs dizaines de millions d’euros.

Côté immobilier, la vedette décédée en décembre à l’âge de 74 ans était propriétaire de deux luxueuses maisons de 500 m2 environ avec piscines à Los Angeles et sur l’île de Saint-Barthélémy, dans les Antilles françaises, où il est enterré. Deux villas estimées chacune entre 10 et 15 millions d’euros, selon plusieurs médias.

En France, la propriété de Marnes-la-Coquette, près de Paris, une villa cossue entourée d’un parc où Johnny Hallyday est décédé, aurait fait l’objet d’une donation au dernier vivant il y a plusieurs années au profit de son épouse, dans le cadre d’une société civile immobilière gérée depuis 2014, selon le quotidien Le Figaro, par Laeticia Hallyday et sa grand-mère paternelle Elyette Boudou.

Si le chanteur y résidait à chacun de ses séjours en France, la maison est cependant en vente depuis plusieurs années autour de 15 millions d’euros.

Pendant plusieurs années, Johnny Hallyday a aussi possédé un chalet dans la très sélecte station suisse de Gstaad qui a été vendu en 2015, selon une source proche de la famille Hallyday. Le prix affiché était de 10 millions d’euros.

Côté voitures, Johnny Hallyday se déplaçait en France à bord d’une Bentley Continental d’une valeur de quelque 350 000 euros. Cet amoureux des grosses cylindrées possédait d’autres véhicules et motos à Los Angeles.

3000 à 4000 enregistrements

Le patrimoine musical du chanteur, lui, comprend plus d’un millier de chansons commercialisées essentiellement en France et quelques pays francophones.

Pour la très grande majorité, dont ses plus grands tubes, Johnny Hallyday percevait des droits d’interprète. Pour la centaine de titres qu’il a également écrits, il percevait des droits d’auteur et de compositeur qui rapportent généralement bien plus que les droits d’interprète.

Mais ses droits s’appliquent sur toutes les versions de chaque titre (apparaissant dans différents lives par exemple), ce qui représente entre 3000 et 4000 enregistrements, a précisé à l’AFP l’Adami, la Société de collecte des droits des artistes et musiciens interprètes.

Chaque oeuvre est protégée pour une durée de 70 ans après sa commercialisation, droits qui seront versés aux héritiers désignés. Si son premier tube de 1960 «Souvenir Souvenir» tombera dans le domaine public en 2030, les droits des chansons de son album posthume, s’il sort cette année, courront jusqu’en 2088.

Ces droits d’interprète peuvent générer en moyenne entre 1 et 2 millions d’euros par an, selon un ancien collaborateur cité dans le quotidien Le Parisien.