Les corps des deux soeurs ont été découverts le 11 juillet, dans un secteur boisé de Saint-Apollinaire, un peu à l'est de Lévis.
Les corps des deux soeurs ont été découverts le 11 juillet, dans un secteur boisé de Saint-Apollinaire, un peu à l'est de Lévis.

Funérailles de Norah et Romy : une «célébration de leurs vies» [PHOTOS ET VIDÉO]

Léa Harvey
Léa Harvey
Le Soleil
Parce que «l’amour, c’est plus gros et plus fort que la mort», près de 200 personnes se sont réunies, lundi après-midi, dans le stationnement arrière du Complexe funéraire Claude Marcoux, à Lévis, devant des photos défilantes de Norah et Romy. Sous un ciel noir, percé par seulement deux rayons de soleil puissants, petits et grands, larmes aux yeux, ont souhaité un dernier adieu déchirant aux fillettes âgées de onze et six ans.

Mélissa Bédard, chanteuse et porte-parole de Deuil-Jeunesse, a ouvert la cérémonie en chantant L’Amérique pleure des Cowboys fringants, une des chansons préférées de Romy. À l’avant de la salle, les photos de Norah et de Romy ont été posées sobrement sur un lutrin en bois, entourées de bouquet de fleurs blanches. Des membres de la famille proche ont doucement pris place dans les bancs situés de chaque côté de la salle. En raison de la pandémie, un maximum de 50 personnes a pu y entrer.

Josée Masson, directrice générale de Deuil-Jeunesse et célébrante de la cérémonie, a présenté les fillettes comme des enfants épanouies et débordantes de vie. Norah aimait le bleu et les technologies. Elle souhaitait devenir créatrice de jeux vidéos. Romy, un «bébé soleil», avait hâte d’être adolescente, de se maquiller et de se marier. Plus Mme Masson décrivait les fillettes et plus on entendait de bons rires francs s’échapper de la foule.

Famille, amis et citoyens se sont déplacés en grand nombre pour souhaiter un dernier adieu déchirant aux fillettes âgées de onze et six ans.

La directrice générale de Deuil-Jeunesse s’est adressée, au cours de la cérémonie, directement à la mère des victimes, Amélie Lemieux, et à son conjoint. «Vous ne me croirez pas mais, un jour, il y aura un instant, un court moment, où vous serez bien. Juste bien.»

Entre chaque chanson, des membres de la famille ont défilé au micro malgré leurs larmes. Cousine, tante et marraine sont montées sur scène, une à une, afin de raconter des moments heureux partagés avec chacune des fillettes.

Amélie Lemieux s’est ensuite présentée devant la petite foule. Debout aux côtés des portraits de ses deux filles, la jeune mère a lu une dernière «lettre à ses précieuses». Dans son court message, Mme Lemieux rend tendrement hommage à Norah et Romy en soulignant tout l’amour qu’elles lui ont apporté.

«Avant que ma vie soit enrichie par votre joie de vivre, je n’étais qu’Amélie. […] Même si je n’ai pas eu assez de temps à vos côtés, je continuerai de chérir, un à un, chaque souvenir, photo ou vidéo et continuerai d’entendre vos douces voix m’appeler ‘’maman’’. Je vous aime à la folie», a-t-elle déclaré courageusement devant la famille réunie.

À l’extérieur, des proches de la famille, des citoyens de Lévis et d’ailleurs ont assisté silencieusement à la célébration. Quelques collègues scouts de Norah, portant fièrement leurs foulards rouge vin, étaient également présents.

L'émotion était au rendez-vous lors de la cérémonie. 

Après la cérémonie, Mme Masson et Marie-Ève Garneau, directrice aux opérations du Groupe Garneau Thanatologue, ont libéré deux colombes à la sortie du complexe funéraire. Les deux petits oiseaux blancs ont plané quelques minutes au-dessus de l’établissement avant de s’envoler vers le nord.

Une journée chargée en émotions

Plus tôt dans la journée, la famille des deux fillettes s’est recueillie dans l’intimité, afin d’adresser un dernier au revoir à leurs petits anges.

Le public a pu prendre part aux expositions dès l’après-midi. Entre 12h et 15h30, plus de 300 citoyens et proches de la famille se sont présentés sur les lieux afin d’offrir leurs sympathies. En raison des mesures sanitaires en vigueur, un maximum de 70 personnes en mouvement étaient autorisées à entrer dans l’établissement.


« Avant que ma vie soit enrichie par votre joie de vivre, je n’étais qu’Amélie. […] Même si je n’ai pas eu assez de temps à vos côtés, je continuerai de chérir, un à un, chaque souvenir, photo ou vidéo et continuerai d’entendre vos douces voix m’appeler ‘’maman’’. Je vous aime à la folie »
Amélie Lemieux, mère de Norah et Romy

Émotifs et très affectés par le décès des deux fillettes, plusieurs citoyens sont venus offrir leurs condoléances à la famille en espérant, par leurs mots, mettre un certain baume sur les blessures vives des proches. C’est le cas de Christine, maman de deux fillettes de 7 et 9 ans.

«Je suis venue pour leur apporter du soutien. Que ce soit maintenant ou dans un an, on est là pour eux», affirme la jeune femme, qui connait un membre de la famille.

Près de 200 personnes se sont réunies dans le stationnement arrière du Complexe funéraire Claude Marcoux, à Lévis.

Célébrer les funérailles d’un enfant

Selon Marie-Ève Garneau, directrice aux opérations du Groupe Garneau Thanatologue, un événement comme celui-ci est «quelque chose de plus grand que nature, le drame de toute une communauté».

Malgré le contexte sanitaire actuel, il était essentiel, dit Mme Garneau, de mettre en place un système permettant à tous d’assister à la célébration. «La famille va probablement survivre, dans les quelques temps à venir, grâce à l’énergie que les gens apportent».

À la mémoire des fillettes

Gilles Lehouillier, maire de Lévis, était de passage au complexe funéraire en après-midi afin d’offrir ses sympathies à la famille, victime d’un «horrible drame».

M. Lehouillier a annoncé qu’une plaque commémorative, en l’honneur de Norah et Romy, sera installée au Parc des Chutes-de-la-Chaudière, devenu lieu de mémorial depuis le drame. «Nous allons prendre les mesures nécessaires afin d’assurer que la mémoire des jeunes filles [y] demeure à tout jamais».

Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu, lui-même un père endeuillé, s’est également présenté sur les lieux pour offrir ses condoléances aux proches. Très ému, M. Boisvenu a expliqué qu’il était nécessaire d’apporter son support à la mère des fillettes et à leur famille.

Près de 200 personnes se sont réunies dans le stationnement arrière du Complexe funéraire Claude Marcoux, à Lévis.

«Je pense que c’est à toute la collectivité de Saint-Romuald et de Lévis de porter leur douleur et leur peine. Dans ces moments-là, on éprouve beaucoup de colère et de rage, mais ça doit disparaître rapidement. Je pense qu’avec tout l’amour que la collectivité apporte, ça peut apaiser», a-t-il déclaré.

M. Boisvenu a lancé un message d’espoir à la famille et à la population touchée par le drame. «Qu’est-ce qu’il reste après un drame comme celui-là sinon l’espoir de retrouver ses rêves ou sa joie de vivre?», a-t-il conclu.

Le père retrouvé le même jour

Les corps des deux fillettes ont été retrouvés le 11 juillet dernier, dans un secteur boisé de Saint-Apollinaire, quelques jours après qu’une alerte AMBER ait été déclenchée à la suite de leur disparition.

La Sûreté du Québec a rapporté lundi soir avoir retrouvé le corps de Martin Carpentier, 12 jours après sa disparition. Selon les premières constatations, l'homme de 44 ans se serait enlevé la vie. 

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