Le Casino de Charlevoix a vu son achalandage augmenter de 14,9 % lors du premier trimestre de 2017-2018.

Fraude au casino: un jeune crack australien veut être remis en liberté

Yujin Wu, un jeune crack de l'informatique australien accusé d'avoir commis des fraudes au Casino de Charlevoix, a demandé d'être remis en liberté vendredi en attendant la suite des procédures intentées contre lui.
Wu, un informaticien de 22 ans né en Chine mais résidant en banlieue de Sydney, était détenu depuis le 26 juin en attendant son procès, prévu le 16 octobre au palais de justice de La Malbaie.
Son avocat, Me Stéphane Harvey, a toutefois présenté vendredi une demande de révision de cautionnement en Cour supérieure en s'appuyant sur des faits nouveaux.
«Nous avons déposé la preuve qu'il était sans antécédent judiciaire, que le haut commissariat ne lui émettrait pas de nouveau passeport, qu'il aurait une adresse valide à Québec où il résidera avec ses parents et que lui et son père déposeront tous les deux un cautionnement de 5000 $», a indiqué Me Harvey.
La femme de Québec qui souhaite l'accueillir chez elle a d'ailleurs témoigné vendredi. Il a fallu deux interprètes pour cette portion de l'audience, une pour traduire du français au mandarin pour la logeuse et une pour traduire du français à l'anglais pour Wu.
Le père de Wu avait également fait le voyage d'Australie pour assister à l'audience alors que sa mère, qui réside en Chine, arrivera bientôt à Québec.
Yujin Wu
Wu avait été arrêté en juin après avoir gagné plus de 34 000 $ à la roulette électronique du Casino de Charlevoix. Il est accusé de fraude, d'avoir triché au casino dans le but de frauder et de possession de biens obtenus de manière criminelle, soit l'argent gagné au casino.
L'équivalent de plus de 70 000 $ en dollars canadiens, en livres Sterling, en livres turques et en Euros avait été saisi par les policiers lors de l'arrestation du ressortissant australien.
Une application comme outil
Le procureur de la Couronne, Me Christian Gauthier, a indiqué que Wu utilisait une application sur un téléphone intelligent fonctionnant comme un métronome afin de calculer la vitesse de la bille et de déterminer sur quel numéro elle s'arrêterait.
Précédemment, Wu aurait fait le même manège qu'à La Malbaie en Australie et en Turquie. Me Gauthier a plaidé qu'il souhaitait que Wu demeure incarcéré car il craignait qu'il quitte le pays puisqu'il était passé par Salt Lake City et Montréal avant de revenir à Charlevoix. «Il pourrait retourner en Australie... Monsieur a de la facilité à se déplacer et n'a aucune attache ici», a-t-il évoqué.
Me Harvey a toutefois indiqué que son client était loin d'être criminalisé. Le jeune homme qui gagnerait dorénavant sa vie en jouant au casino, a auparavant occupé un emploi d'ingénieur informatique chez Awake Network, une compagnie américaine spécialisée dans la sécurité informatique, après avoir réalisé des stages chez Microsoft et Google.
Me Harvey a ajouté qu'il estimait que le stratagème utilisé par Wu ne constituait pas de la tricherie. «C'est autour de cela qu'aura lieu le débat : est-ce de la tricherie ou non?»
Après avoir écouté les arguments des deux procureurs, le juge Jean-François Émond a pris la cause en délibéré.