Réjean Thiboutot

Fraude à la Ponzi: un conseiller financier parmi les plaignants

Même un conseiller financier se serait fait prendre dans les filets de Réjean Thiboutot, accusé d'une fraude d'un demi-million $ aux dépens d'une douzaine de plaignants.
Vêtu de beaux habits, roulant en BMW, Réjean Thiboutot savait gagner la confiance de ses investisseurs.
L'un des plaignants, conseiller financier en début de carrière, a accepté à l'été 2009 de confier 24 000 $ en quatre versements à Réjean Thiboutot. Ce dernier disait investir dans des titres boursiers. Les placements, d'une durée de 31 jours devaient garantir un rendement minimum variant de 15 % à 20 % sur la période concernée, ce qui correspond à des taux d'intérêt nominaux annuels variant entre 243 % et 562 %.
À ce moment, le plaignant songeait à bâtir un partenariat d'affaires avec Thiboutot, un homme courtois, collaborateur. «Il m'apparaissait avoir développé une aisance financière et avoir bien réussi dans diverses maisons de courtage.»
Au bout de quelques mois, l'investisseur apprend de son patron que Réjean Thiboutot a déjà été condamné pour fraude par le passé. La relation s'éteint et le plaignant comprend qu'il ne reverra jamais la couleur de son argent.
Il a alerté l'Autorité des marchés financiers. «Si moi-même qui suis dans le domaine des finances, je me suis fait prendre, d'autres pouvaient se faire prendre, explique-t-il. On dirait qu'on perd tout jugement parce qu'on est dans un climat de fausse confiance.»
Tous les plaignants qui ont témoigné, mardi, devant la juge Chantale Pelletier ont indiqué qu'ils ignoraient que Réjean Thiboutot ne détenait pas de permis de courtier en valeurs mobilières. «Si je l'avais su, jamais je n'aurais investi avec lui», a affirmé une dame de 67 ans.