Frank Angove Caron, 25 ans, (à gauche) a été condamné mercredi pour l’homicide involontaire de Stevens Herbst.

Frank Angove Caron condamné à 44 mois de prison pour homicide involontaire

Poignardé à sept reprises puis aspergé de poivre de Cayenne. Abandonné en pleine nuit, confus et ensanglanté, sur l’autoroute. Enfin, l’inéluctable collision. La fin horrible de Steven Herbst, 27 ans, s’est éclaircie en partie mercredi avec le plaidoyer de culpabilité de Frank Angove Caron, 25 ans, condamné à 44 mois de pénitencier pour cet homicide involontaire.

Le 18 décembre 2018, un petit groupe de trafiquants de drogue s’interrogent sur un vol de stupéfiants qui a eu lieu dans les jours précédents à Beauport.

Ils décident d’amener Steven Herbst, consommateur et trafiquant, faire un tour de voiture pour l’interroger. 

Selon la version d’Angove Caron, le conducteur s’est mis à poignarder Herbst, assis au milieu de la banquette arrière. Herbst a reçu sept coups de couteau dans le mollet, dont un qui a rompu une artère.

Dans le brouhaha général, le conducteur immobilise son véhicule sur l’accotement de Dufferin, près des chutes Montmorency. Frank Angove Caron, assis à côté de la victime, réussit à ouvrir sa portière et sort, suivi de Herbst. Angove Caron asperge Herbst de poivre de Cayenne et retourne dans la voiture, qui part rapidement. «Je voulais juste m’autodéfendre», dira Angove Caron à la juge Hélène Bouillon de la Cour du Québec.

Steven Herbst

14 longues minutes

Une scène épouvantable va se dérouler pendant 14 longues minutes sous les yeux de l’opérateur des caméras de surveillance du trafic du ministère des Transports. Steven Herbst, complètement désorienté, avec une seule chaussure, se frotte les yeux. Il titube sur l’autoroute, marchant toujours plus vers le centre. L’opérateur du ministère des Transports du Québec a appelé les policiers. Mais avant leur arrivée, Herbst sera violemment happé par un conducteur, un homme sans histoire qui rentrait de faire du bénévolat à une partie de hockey.

L’enquête policière prend une tout autre tournure lorsque l’autopsie révèle sur la victime des plaies non reliées à la collision. Selon l’autopsie, les coups auraient été portés par un occupant du siège avant de la voiture, comme Angove Caron le disait.

Les policiers vont rapidement remonter la piste des suspects; 30 minutes avant le drame, le groupe avait été identifié par des patrouilleurs du Service de police de la Ville de Québec.

Frank Angove Caron avait déjà plusieurs antécédents judiciaires en matière de trafic de stupéfiants, de recel, de conduite dangereuse et d’introduction par effraction, notamment.

Loin du pardon

Les trois autres occupants de la voiture ont été arrêtés et libérés avec une promesse de comparaître le 26 mars. Aucune accusation n’a encore été autorisée contre eux.

Les parents de Steven Herbst ont écouté avec émotion l’un des responsables de la mort de leur fils recevoir sa peine de 44 mois, suggestion faite par le procureur de la Couronne Me Jean-Philippe Robitaille et l’avocat de défense Me Marc Delisle, entérinée par la juge Bouillon.

Michael Herbst a tenté pendant des années de ramener son fils sur le chemin de la sobriété. Il n’y est jamais parvenu, mais n’a pas abandonné son garçon.

«Mon seul enfant est décédé, je ne suis plus un parent et j’ai de la misère à le croire et à le vivre, confie M. Herbst, d’une voix lasse et pleine de douleur. Le décès de mon fils est permanent; il n’y aura jamais de pardon.»