À la recherche de Fabienne Somon, la police de Québec avait installé un poste de commandement au Domaine Cataraqui.

Françaises mortes à Québec: hors du commun pour le consulat

Les morts successives des Françaises Marion Rigaut et de sa mère Fabienne Somon, à Québec, représentent un événement hors du commun pour les autorités consulaires. «Un double drame comme ça, je n’en ai jamais vu dans ma carrière», déclare la consule générale de France à Québec, Laurence Haguenauer.

Le Consulat général travaille en collaboration étroite avec la famille pour rapatrier les dépouilles de la mère ainsi que celle de la fille le plus tôt possible, ajoute la chef de chancellerie consulaire, Elsa Sabourin. 

Cette information survient alors que mercredi, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a confirmé que le corps d’une femme repêché mardi dans les eaux du fleuve Saint-Laurent est bien celui de Fabienne Somon, 53 ans. 

Le voyage au Canada de cette famille française a pris une tangente tragique le 8 mars quand la motoneige conduite par le conjoint de Marion Rigaut et sur laquelle la femme de 25 ans prenait place a percuté violemment un arbre dans un sentier de motoneige de Lac-Beauport. Si le conjoint s’en est tiré, la jeune étudiante en médecine à l’Université de Lille n’a pas eu cette chance et est décédée sur place de ses blessures.

«Une enquête est en cours. Les enquêteurs sont en contact avec la famille pour tenter de comprendre les circonstances» de la mort de Mme Somon, explique la porte-parole du SPVQ, Cyndi Paré. 

«Nous restons en contact direct avec les autorités locales», ajoute Mme Sabourin, qui a rappelé les enjeux légaux et psychologiques liés à la mort de ressortissants français en sol étranger. 

«Certaines précautions»

Le Consulat doit entre autres «prendre des garanties et respecter certaines précautions», notamment sur le transport des dépouilles ou des cendres, en respect des lois françaises. Ces dernières ne permettent notamment pas l’ouverture d’un cercueil, à moins d’un avis contraire émis par un procureur de la République. «Ça peut rendre les choses plus difficiles pour la famille», avance Mme Sabourin.

La consule générale indique que les dépouilles seront bientôt transportées vers la France et elle rappelle que ce voyage n’est jamais assuré par les citoyens français. 

Le Service de police de la Ville de Québec a confirmé mercredi que le corps d’une femme repêché mardi dans les eaux du fleuve Saint-Laurent est bien celui de Fabienne Somon, 53 ans.

Questionnée si elle sentait que la communauté des Français à Québec se sentait soudée après la disparition de ces deux touristes, la consulte générale explique que ce n’est pas à la suite de ce genre de drame qu’on voit des mouvements de solidarité, comme ce fut le cas par exemple après les attentats de Nice ou de Paris. 

«Ce sont des drames qui touchent souvent les touristes. La communauté française qui habite ici connaît les risques» associés à la pratique de la motoneige, souligne Mme Haguenauer. 

Rappelons que c’est la seconde fois en moins de trois ans qu’un touriste français trouve la mort sur les sentiers de la Pourvoirie du Lac-Beauport. Le 12 mars 2015, un Français de 62 ans perdait la vie après avoir manqué une courbe pour terminer lui aussi sa course contre un arbre sur le sentier fédéré 369, à Lac-Beauport, lors d’une randonnée qui avait pris le départ à la Pourvoirie.

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ÉCHO DU DRAME EN FRANCE

Moins de 24 heures après la découverte du corps de Fabienne Somon, cette mère endeuillée de sa fille Marion Rigaut décédée dans un accident de motoneige, des médias français rendent compte du terrible drame ayant frappé cette famille à Québec.

Plusieurs médias majeurs dont les quotidiens Le Parisien, L’Express et Le Figaro, le magazine Paris Match, le site 20minutes.fr, ainsi que la chaîne de nouvelles continues BFMTV ont consacré des articles ou des reportages à la tragédie qui a affligé cette famille française.

Ces médias rappellent que la mère de Marion Rigaut était venue au Canada pour rapatrier le corps de sa fille. Mais lorsque des membres de sa famille ont constaté qu’elle était partie de la maison qu’elle louait depuis un long moment, ils ont alerté la police. 

Ce n’est pas la première fois que plusieurs médias étrangers traitent d’un événement d’envergure survenu à Québec. L’attentat contre la grande mosquée avait attiré les projecteurs de tous les grands réseaux européens et américains.