Le 14 novembre, la Nissan Altima 2014 conduite par une septuagénaire s’est enflammée. Deux bons Samaritains ont cassé la vitre arrière côté passager et ont sauvé la dame des flammes.

Femme sauvée des flammes: Transports Canada inspectera la voiture

EXCLUSIF / Transports Canada inspectera «dans les plus brefs délais» une voiture dans laquelle une femme a failli être brûlée vive, la semaine dernière, à Québec.

Sauvée des flammes par deux bons Samaritains, la conductrice de 70 ans était au volant d’une Nissan Altima 2014, un modèle qui a fait l’objet d’un rappel en octobre 2015 pour un risque d’incendie.

«Une équipe d’enquête de Transports Canada inspectera le véhicule dans les plus brefs délais», a indiqué au Soleil Annie Joannette, porte-parole de ce ministère fédéral qui veille notamment à la sécurité des véhicules sur la route.

Le résultat de l’inspection déterminera si une enquête est amorcée, précise Mme Joannette.

En octobre 2015, Nissan avait publié un rappel pour les Nissan Altima 2013, 2014, 2015 et 2016 et les Maxima 2016.

«Sur certains véhicules, le joint torique entre le capteur du niveau de carburant et le réservoir de carburant pourrait avoir été mal posé lors de l’assemblage. Cela pourrait augmenter les risques de fuite de carburant en cas d’accident, ce qui augmenterait les risques de déclenchement d’un feu pouvant entraîner des blessures ou des dommages matériels [ou les deux]», précisait le rappel, notamment publié sur le site de Transports Canada.

Pour combler ce défaut, les concessionnaires Nissan devaient installer un anneau de blocage.

L’inspection de Transport Canada permettra de savoir s’il y a effectivement un lien entre le rappel et l’incendie de la voiture.

Un porte-parole de Nissan Canada, Didier Marsaud, a indiqué par courriel au Soleil que «Nissan est déterminé à assurer la sécurité de ses clients et de ses passagers et collaborera avec Transport Canada pour connaître la cause de l’incident».

M. Marsaud précise qu’à ce jour, le taux d’achèvement est de 91 % pour ce rappel, qui concerne 3126 voitures. Du nombre, il y aurait donc environ 281 voitures qui n’ont pas été réparées.

Le porte-parole a refusé de nous en dire davantage, précisant qu’«aucun autre commentaire» ne serait fourni, «car Nissan n’a reçu aucune autre information ou rapport sur les faits décrits».

Sauvée des flammes

Rappelons que le 14 novembre, vers 15h, l’Altima 2014 conduite par la septuagénaire s’est enflammée près de l’intersection du boulevard Lebourgneuf et de la rue Le Mesnil.

La conductrice a vu de la fumée sortir de l’avant de son véhicule. Selon le Service de police de la Ville de Québec, elle se serait ensuite stationnée et le véhicule aurait commencé à prendre feu.

Selon la police de Québec, la femme aurait tenté de sortir. Mais, possiblement sous l’effet de la panique, elle en aurait été incapable. Deux bons Samaritains ont cassé la vitre arrière côté passager et l’ont sauvé des flammes. La septuagénaire a été transportée à l’hôpital pour un choc nerveux.

L’avant de la voiture et l’habitacle étaient complètement carbonisés après l’incendie.

Les circonstances qui ont précédé l’embrasement du véhicule restent toutefois nébuleuses. Le commissariat des incendies de la Ville de Québec n’a pas enquêté sur les circonstances de l’incendie.

Lorsqu’il n’y a pas d’incidence criminelle — comme c’était le cas ici —, le commissariat enquête rarement sur les incendies de véhicule, explique Bill Noonan, porte-parole du Service de protection contre l’incendie de la Ville de Québec.

Si un type de véhicule prend feu à plusieurs reprises, une enquête sera toutefois ouverte et Transports Canada sera avisé, précise M. Noonan, qui rappelle aux automobilistes l’importance de faire réparer les véhicules visés par un rappel.

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DES MILLIONS DE VÉHICULES NÉGLIGÉS

Des millions de voitures qui circulent sur les routes canadiennes font l’objet d’un rappel, mais ne seraient pas réparées.

Les données de la firme Carfax sur la proportion de rappels non effectués aux États-Unis et au Canada montrent qu’environ une voiture sur cinq rappelée n’est pas réparée.

Selon une enquête de CBC News menée en 2016, cette proportion est plutôt d’un véhicule sur six au Canada.

Les types de problèmes sont nombreux. Un coussin gonflable qui ne se déploie pas lors d’un impact, une perte de contrôle en raison d’un bris de suspension, un risque d’incendie à cause d’une fuite de carburant, etc.  

«Ce sont des rappels de sécurité très sérieux qui peuvent très certainement compromettre notre sécurité et celles des autres», souligne Pierre-Olivier Fortin, porte-parole de CAA-Québec.

Qui est responsable?

«On a quand même une responsabilité, nous, comme propriétaires de véhicules», note M. Fortin.

Concrètement, il faut aviser le concessionnaire si on change d’adresse et vérifier si les rappels ont été effectués si on achète un véhicule usagé. Ceux qui vendent leurs véhicules à une autre personne doivent aussi faire un suivi auprès du constructeur.

Georges Iny, de l’Association pour la protection des automobilistes, souligne que les constructeurs partagent aussi une partie de la responsabilité.  

«Quand les gens changent d’adresse ou que le véhicule change de propriétaire, l’industrie ferme un œil sur la problématique», dit-il. Les constructeurs envoient l’avis de rappel à la dernière adresse dans leurs dossiers, mais ne poussent pas plus loin s’ils n’obtiennent pas de réponse, remarque M. Iny.

Transports Canada rappelle que si un propriétaire ou un conducteur estime que son véhicule est affecté par un problème de sécurité, il peut appeler à la ligne directe pour les plaintes de défauts et les rappels de Transports Canada au 1 800 333‑0510 ou présenter un formulaire de plainte de défauts en ligne à l’adresse suivante: www.tc.gc.ca/rappels.