Jonathan Falardeau-Laroche (à gauche) est accusé de négligence criminelle causant la mort.

Femme enceinte tuée sur Laurier: le neurologue longuement contre-interrogé

L’avocat de Jonathan Falardeau-Laroche, jeune conducteur épileptique accusé de négligence criminelle causant la mort, a contre-interrogé le neurologue Dr Michel Sylvain toute la journée mardi, remettant en question plusieurs rapports de consultation du médecin spécialiste.

Le Dr Sylvain affirme que, le matin du 10 août 2016, il a avisé son patient Jonathan Falardeau-Laroche, qu’il suit depuis 2003, qu’il ne pouvait plus conduire en raison de récents épisodes suspects. L’accusé de 25 ans nie cette affirmation.

C’est dans les minutes suivant cette consultation médicale que Falardeau-Laroche a happé mortellement Marie-Pier Gagné, jeune femme enceinte de 27 ans, devant le CHUL.

Le neurologue pour enfants a été informé de l’implication de son patient peu de temps après l’accident. Il affirme que, durant l’après-midi du 10 août 2016, il a rédigé une lettre à un collègue neurologue pour adultes afin de lui référer Jonathan et de voir si le jeune homme pouvait être candidat pour une chirurgie.

Dans sa lettre, le Dr Sylvain précise que Jonathan a eu un diagnostic d’épilepsie partielle, qu’il consomme de l’alcool de façon excessive, qu’il est anxieux et qu’il a eu aussi d’autres symptômes plus atypiques. Le neurologue pour enfants écrit à son collègue qu’il a discuté avec Jonathan de l’interdiction de conduire.

«Je ne l’ai pas écrit parce que j’ai écouté TVA ou parce que j’ai appelé ma conjointe, précise le Dr Sylvain, devançant même les questions de l’avocat de défense Me Simon Roy. L’objectif était d’informer un médecin. Je l’ai fait exactement comme je le fais d’habitude.»

Oui, le Dr Sylvain était au courant des événements, dit-il, mais non, il n’a pas modifié les termes ou choisi les bons termes pour bien paraître, assure-t-il. «Non, non, non, répète le médecin spécialiste. Je l’ai fait avec ce que je jugeais utile pour lui.»

En réponse à une question de l’avocat de défense, le neurologue pour enfants nie avoir consulté un avocat avant de rédiger la lettre à son collègue. Comme son patient avait été impliqué dans un accident grave, il a bel et bien contacté un avocat, mais seulement dans les jours suivants. Au procès, le Dr Michel Sylvain est accompagné par un conseiller juridique.