Selon les enquêteurs du ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Guy Chandonnet a, durant trois ans, trafiqué des demandes de subvention et des factures de formation à l'avantage de ses clients, mais au détriment des contribuables. La perte se chiffrerait en dizaines de milliers de dollars.

Fausses factures et soumissions bidon

Le ministère du Travail subventionne jusqu'à 50 % des frais de formation du personnel des entreprises. Guy Chandonnet de Solution Informatique Imagine avait, selon la poursuite, conçu un stratagème pour refiler la note entière de ses clients à l'État québécois.
Formateur spécialisé dans le logiciel d'affaires Acomba, Guy Chandonnet, 55 ans, a fait face mercredi, au palais de justice de Québec, à une accusation de fraude de plus de 5000 $ aux dépens du gouvernement du Québec et à 110 autres de fabrication et d'usage de faux document.
Selon les enquêteurs du ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Chandonnet a, durant trois ans, trafiqué des demandes de subvention et des factures de formation à l'avantage de ses clients, mais au détriment des contribuables. La perte se chiffrerait en dizaines de milliers de dollars.
Stratagème frauduleux
Le formateur gonflait par exemple son taux horaire ou son nombre d'heures de formation sur les documents acheminés au Ministère. Le Ministère se trouvait à rembourser une somme deux fois plus importante que ce qui aurait dû normalement être subventionné, faisant ainsi fondre la facture réelle pour les clients.
Pour l'instant, aucune accusation n'a été déposée contre les clients de Solution Informatique Imagine, des dizaines d'entreprises oeuvrant dans des domaines aussi divers que la vente d'équipements, la quincaillerie, l'épicerie et les animaleries.
Aucune possibilité n'est toutefois écartée, fait savoir le ministère public.
Guy Chandonnet n'a aucun antécédent judiciaire. Il brillait par son absence lors de sa comparution, ayant choisi de se faire représenter par son avocat, Me Julien Grégoire. Le dossier a été reporté au 8 février et le formateur demeure en liberté durant les procédures.
Dans un communiqué publié à la fin de l'enquête, le ministère du Travail indique que «dans une optique de gestion rigoureuse des fonds publics», il renforcera ses actions pour mettre fin aux stratagèmes frauduleux.