Au moment des infractions alléguées, Julie Lefrançois est chargée du dossier de Joé depuis déjà quelques mois.

Famille innue: agression dénoncée à l’agente de libération conditionnelle

Joé* avait dit à son agente de libération conditionnelle qu’il allait se reposer chez sa cousine Laura *. Cinq jours plus tard, Laura annonce à l’agente qu’elle a été agressée sexuellement par celui qu’elle avait accepté d‘héberger.

L’agente de libération conditionnelle Julie Lefrançois était la quatrième et dernier témoin du ministère public au procès pour agression sexuelle dans une famille innue.

Au moment des infractions alléguées, Julie Lefrançois est chargée du dossier de Joé depuis déjà quelques mois.

Elle le rencontre chaque semaine au Centre correctionnel communautaire fédéral Marcel-Caron de Québec.

Le 11 décembre 2015, juste avant de partir chez Laura, Joé est fatigué et clame qu’il a besoin de repos. Il évoque avoir eu envie de boire. Son agente de libération conditionnelle lui rappelle les stratégies pour rester sobre.

Le lendemain, Julie Lefrançois fait une visite impromptue chez Laura. Elle n’a aucune réponse en sonnant à la porte, mais voit un bac à recyclage plein de cannettes de bière.

Elle réussit à parler à Joé et retourne le voir. Elle suspecte rapidement qu’il a bu et alerte les autorités. La libération conditionnelle de Joé sera bientôt suspendue.

L’agente Lefrançois veut parler à Laura. Elle lui laisse des messages téléphoniques.

Le 15 décembre, Laura, hésitante, la rappelle et lui dit avoir été victime de deux agressions sexuelles de la part de son cousin. Elle va aussi confirmer la consommation d’alcool.

L’agente de libération conditionnelle met Laura en contact avec un enquêteur de la police de Québec et une plainte sera logée au cours des jours suivants.

Laura avait accepté d’être la personne-ressource de Joé en 2013. Les permissions de sortie de fins de semaine n’ont toutefois commencé qu’à l’été 2015.

Des oublis

Contre-interrogée par la défense, Laura a maintenu sa version de l’agression sexuelle alléguée. Elle n’était pas en mesure de donner certains détails, comme l’heure de l’agression ou la tenue vestimentaire de l’accusé. « Il y a des souvenirs qui sont vagues à cause de la rechute d’alcool, a répondu Laura à Me Geneviève Bertrand. Mais pour mon agression, ça ne s’oublie pas. »

L’avocate de Joé a fait ressortir le fait que Laura a elle aussi quelques antécédents judiciaires qui remontent à 2007, alors qu’elle vivait toujours sur la Côte-Nord.

La dame a notamment été mise à l’amende pour tapage et ivresse sur la voie publique. Elle a aussi été condamnée à une reprise pour voies de fait, possession de PCP et pour le vol d’un appareil-photo jetable.

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* Prénoms fictifs