Actuellement, seuls les contrevenants affichant un taux d’alcoolémie supérieur à 160 mg/100ml de sang sont obligés de se munir d'un antidémarreur éthylométrique.

Facultés affaiblies: l'antidémarreur dès la première infraction, recommande l'INSPQ

L’antidémarreur éthylométrique devrait être offert de façon systématique dès une première infraction, estime l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), qui recommande également que le dispositif soit éventuellement installé sur tous les véhicules.

Dans un avis publié lundi, l’INSPQ rappelle que la conduite avec les facultés affaiblies par l’alcool est la première cause de décès sur les routes du Québec. Il souligne également que le pourcentage de conducteurs décédés avec une alcoolémie supérieure à la limite permise stagne autour de 30% depuis le début des années 2000. 

La recherche documentaire réalisée par l’INSPQ démontre que la participation à un programme d’antidémarreur éthylométrique «réduit significativement le risque de récidive, tant chez les contrevenants primaires que chez les récidivistes». D’où l’intérêt, selon l’Institut, d’augmenter son utilisation chez tous les contrevenants de l’alcool au volant. 

Actuellement, les contrevenants d’une première infraction ne sont pas tenus d’installer un antidémarreur éthylométrique pour récupérer leur privilège de conduite après la période de suspension de 90 jours tant qu’ils ne sont pas reconnus coupables en vertu du Code criminel. Seuls ceux affichant un taux d’alcoolémie supérieur à 160 mg/100ml de sang sont obligés de se munir d’un tel dispositif tant que les résultats d’une évaluation du risque sont défavorables, rappelle l’INSPQ.

Évaluation du risque

Comme plusieurs études démontrent qu’une première arrestation pour conduite avec les facultés affaiblies augmente significativement le risque de récidive et que «certains contrevenants primaires partagent des caractéristiques similaires avec les récidivistes», l’Institut recommande d’imposer une évaluation du risque de récidive à toute personne arrêtée une première fois pour conduite avec les facultés affaiblies. À la suite de cette évaluation du risque, si des doutes existent, toute personne désirant continuer à conduire devrait se voir imposer l’antidémarreur éthylométrique, estime l’INSPQ. Le dispositif serait maintenu «jusqu’à ce qu’une évaluation indique que le conducteur est en mesure de dissocier la consommation d’alcool et la conduite sécuritaire d’un véhicule», recommande-t-il.

Quant aux récidivistes, l’INSPQ suggère l’installation obligatoire à vie de l’antidémarreur dès la deuxième condamnation pour conduite avec les facultés affaiblies, une disposition qui se trouve déjà dans la réforme du Code de la sécurité routière, dont les changements entreront en vigueur au cours des prochains mois. 

Enfin, l’INSPQ recommande que l’antidémarreur devienne éventuellement un dispositif installé sur tous les véhicules. «À l’instar des expériences européennes, l’INSPQ recommande tout d’abord que des projets pilotes soient réalisés au sein de flottes de véhicules publics et commerciaux [camions, autobus, transport scolaire, etc.] afin d’en évaluer la faisabilité et l’acceptabilité sociale», propose l’Institut.

Si l’évaluation des projets est favorable, l’installation d’un antidémarreur devrait être envisagée sur l’ensemble des véhicules, recommande l’INSPQ.