Éric Gros-Louis

Éric Gros-Louis veut l'absolution

L’ex-chef de police de Wendake Éric Gros-Louis demande une absolution conditionnelle pour une infraction d’entrave, vol et abus de confiance. Il avait bloqué le remorquage du véhicule d’un ami en plus de rembourser au conducteur fautif sa contravention.

La Cour du Québec a déclaré Gros-Louis coupable d’avoir entravé le travail d’une policière de Wendake. Le chef était intervenu pour arrêter le remorquage du véhicule d’un de ses amis et prétendue source d’information qui venait de brûler un feu rouge.

De surcroît, Éric Gros-Louis a pris 865$ dans le budget du service de police de Wendake pour rembourser la contravention à son ami.

L’ancien directeur, congédié en février 2013 pour des fraudes dont il sera aussi déclaré coupable, n’a pas tiré de bénéfice personnel des infractions. «Ses interventions visaient à obtenir de nouveau de l’information de cet individu pour les enquêtes criminelles», a fait valoir l’avocate de Gros-Louis, Me Rachel Gagnon, qui réclame une absolution conditionnelle pour son client. L’ancien policier est prêt à rembourser le service de police de Wendake et à faire des travaux communautaires.

Le fait qu’Éric Gros-Louis ait été condamné à huit mois à purger dans la collectivité pour le dossier de fraude — une peine qu’il porte en appel — ne doit pas peser dans la balance, précise l’avocate, car l’entrave est antérieure aux fraudes. 

Il doit donc être puni pour ce crime comme pour une première offense, fait valoir Me Gagnon.

Depuis son congédiement de la police de Wendake, Éric Gros-Louis a obtenu sa maîtrise en administration publique. Il n’a toutefois jamais été capable de décrocher un emploi en gestion en raison de ses démêlés judiciaires et de leur couverture médiatique, dit-il.

Il travaille pour son cousin, entrepreneur en construction à Montréal. Éric Gros-Louis dit avoir déboursé 250 000$ en frais juridiques depuis cinq ans et affirme que sa femme et ses enfants ont vécu très durement cet épisode.

Peine dans la collectivité

Le procureur de la Couronne Me Juan Manzano estime lui que les infractions de l’ancien directeur devraient lui valoir une peine à purger dans la collectivité d’une durée de trois à quatre mois, consécutive à la peine de huit mois pour la fraude.

Le procureur de la Couronne a commencé ses représentations en lisant le serment qu’a prêté Éric Gros-Louis à ses débuts comme policier, en 1996. Comme tous les policiers, Éric Gros-Louis promettait d’agir avec intégrité et honnêteté. Dans ses circonstances, accorder une absolution nuirait à l’intérêt public, croit la Couronne. «On est pas simplement en présence d’un policier, on est en présence d’un chef de police», insiste Me Manzano.

Le juge Hubert Couture rendra sa décision en juin.