Bernard Lamothe est issu des enquêtes criminelles, où il a oeuvré pendant presque toute sa carrière.

Enquête au SPVM: le directeur adjoint suspendu

Le directeur adjoint du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Bernard Lamothe, a été suspendu temporairement de ses fonctions, vendredi après-midi, a déclaré le corps policier, alors que les voix s'élèvent pour réclamer que le chef, Philippe Pichet, soit démis de ses fonctions le temps de démêler la crise qui secoue l'organisation.
Peu de temps avant, le ministre québécois de la Sécurité publique et des Affaires municipales, Martin Coiteux, a confié à un ancien sous-ministre de Justice du Québec, Michel Bouchard, la tâche de piloter l'investigation administrative visant à faire la lumière sur les pratiques du SPVM en matière d'enquêtes internes et de contribuer à rétablir la confiance du public en l'un des corps policiers les plus importants de la province.
Il a déclaré par voie de communiqué que Me Bouchard, avec sa «vaste expérience et (sa) réputation sans faille», saura suggérer «les meilleures solutions possible» à la crise qui secoue le SPVM depuis un peu plus d'une semaine.
D'anciens policiers cités dans un reportage du réseau TVA ont accusé des collègues d'avoir fabriqué de la preuve contre eux afin de les empêcher de dévoiler des allégations de corruption au sein du SPVM, a révélé cette semaine.
«On prend des décisions lorsqu'une lumière a été faite, lorsque les enquêtes ont été faites, a tempéré le ministre Coiteux mercredi. Soyons un peu patients, mais surtout soyons sérieux. On ne prend pas des décisions précipitées sur la base de ce qu'on a lu le matin dans le journal», a-t-il fait valoir.
L'annonce de vendredi survient une semaine après celle, le 24 février, de l'élargissement de l'enquête sur la gestion des affaires internes au sein du SPVM. La Sûreté du Québec (SQ), chargée du dossier, est épaulée par d'autres corps policiers tels que ceux des villes de Québec, Gatineau et Longueuil. La directrice du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) a aussi été mise à contribution.
Il reviendra donc à Me Bouchard de dresser le portrait de la situation sur différents aspects touchant les enquêtes internes du SPVM, soit «la gestion, l'encadrement, les processus et les difficultés liés à ce type d'enquête», énumère Québec dans son communiqué. Un rapport devra être déposé d'ici au 15 septembre 2017, indique-t-on.
Les enjeux «plus systémiques» et «susceptibles d'affecter la confiance du public» devront aussi être passés sous la loupe, précise le gouvernement.
Me Bouchard a déjà oeuvré comme substitut du procureur général du Québec et comme sous-ministre délégué à la Justice du Canada. Il avait été responsable de l'enquête administrative québécoise sur les évasions par hélicoptères survenues dans deux établissements carcéraux de la province.