L'écrasement d'un Bell 206B a fait deux morts et blessé les trois autres occupants de l'appareil, dont le pilote, le 2 septembre 2015 à Sept-Îles.

Écrasement d'hélico à Sept-Îles: une perte de maîtrise, dit le BST

Une perte de maitrise au moment de l'approche finale a mené à l'écrasement mortel d'un Bell 206B le 2 septembre 2015 à Sept-Îles, conclut le Bureau de la sécurité des transports. Le drame a causé la mort de deux passagers et blessé gravement les trois autres occupants, dont le pilote.
Le pilote de l'hélicoptère a perdu la «maitrise en direction» alors qu'il allait se poser sur un rocher le long de la rivière Nipissis. L'équipage devait se rendre inspecter une passe à saumons à environ 20 milles marins au nord de Sept-Îles. L'analyse du BST met en lumière que l'engin ne présentait aucun problème mécanique.
C'est une perte d'efficacité du rotor à queue (LTE : Loss of tail rotor effectiveness) et une augmentation hors limite du couple moteur, deux phénomènes très techniques expliqués dans le rapport d'enquête dévoilé lundi, qui sont à l'origine de la perte de contrôle près du sol, selon les enquêteurs du BST.
Le LTE est un phénomène «bien connu» enseigné que de façon théorique durant la formation en raison «du risque élevé d'accidents». Le LTE est un «mouvement de lacet non sollicité qui ne se neutralise pas de lui-même». «Tout hélicoptère monorotor volant à basse vitesse est susceptible à ce phénomène», vulgarise le BST.
Peu d'expérience
Le pilote de l'entreprise Héli-Nord avait reçu la formation appropriée à propos du LTE et disposait de toutes les licences et qualifications nécessaires pour effectuer le vol. Sauf que le BST note qu'il avait «peu d'expérience», n'avait pas «volé de façon régulière sur le Bell 206B» et que «c'était la première fois qu'il atterrissait à cet endroit».
Selon le BST, «le peu d'expérience» du pilote, qui avait terminé sa formation en 2011, «sur un Bell 206B avec un rotor à queue (moins long) de 62 pouces ne lui a pas permis de reconnaître le LTE et de le contrer en temps opportun». Le lieu d'atterrissage présentait aussi «certains défis techniques pour un pilote peu expérimenté».
L'écrasement a causé la mort du biologiste du ministère de l'Environnement, Pierre-Michel Fontaine, 49 ans de Québec et d'une employée du conseil Innu Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam, Blandine Pinette-Fontaine, 68 ans. Cette dernière est décédée des suites de blessures importantes au niveau de l'abdomen. Selon le BST, les blessures «ont possiblement été causées par la ceinture sous-abdominale incorrectement ajustée au moment de l'impact».
Deux hélicoptères ont été mis à contribution pour voyager les sept passagers, qui devaient se rendre à deux passes migratoires. Le premier appareil s'est posé sans heurts près d'un camp de la Nipissis.