Donald Brashear a reconnu qu’il avait cassé une fenêtre pour entrer dans le logement dont il venait d’être évincé. Son avocat avait la tâche de demander une absolution conditionnelle pour son client qui traîne quelques antécédents judiciaires

Donald Brashear affirme «s’être retrouvé»

Il est le plus grand dans la salle d’audience. Et assurément celui qui a gagné le plus d’argent dans sa vie. Aujourd’hui, l’ancien hockeyeur de la LNH Donald Brashear vient reconnaître qu’il a cassé une fenêtre pour entrer dans le logement dont il venait d’être évincé.

Ses énormes mains croisées déposées sur ses cuisses, Brashear, 47 ans, attend son tour. Un autre accusé le salue timidement de la main.

L’avocat de défense Me Vincent Montminy se lève. L’ancien joueur du Canadien n’a pas le profil habituel des clients de Me Montminy, largement issus du crime organisé. Le criminaliste éprouve visiblement une forme de sympathie pour la vedette déchue assise près de lui.

L’avocat a une mission en apparence délicate; demander une absolution conditionnelle pour un client qui traîne quelques antécédents judiciaires. En 2006, Brashear a déjà obtenu une absolution inconditionnelle, après avoir fait un don, pour une bagarre. En 2011, un juge a accepté de surseoir à l’imposition de la peine, encore pour une accusation de voies de fait, et toujours avec l’obligation de faire un don.

Cette fois-ci, celui qui a été bagarreur pendant 16 ans dans la LNH n’a frappé personne.

Le 5 juin dernier, il a fracassé une fenêtre du logement dont il venait d’être évincé et s’est fait prendre avec une petite quantité de cocaïne.

La veille, le propriétaire, le concierge et un huissier avaient tenté de lui signifier un avis d’expulsion. L’ancien hockeyeur avait quitté les lieux. Le propriétaire a aussitôt fait changer les serrures.

C’est en revenant sur les lieux de manière illicite que Brashear s’est fait prendre.

Il a bien collaboré à son arrestation. Le propriétaire ne voulait pas porter plainte pour le bris de la fenêtre. L’ancien hockeyeur a quand même été accusé de méfait.

Thérapie

Après son arrestation, Brashear a fait une thérapie de plusieurs mois à la Villa Ignatia pour combattre ses dépendances. Il fréquente le centre de réadaptation Portage et voit un psychologue. « Je me suis perdu un petit peu, je me suis retrouvé en thérapie », résume sommairement Donald Brashear.

Celui qui a été un millionnaire de la LNH a attiré l’attention cet automne lorsqu’il a accepté un emploi dans un Tim Horton, propriété de son ancien coéquipier Pierre Sévigny. « Il a tout eu ce que les petits gars qui jouent au hockey veulent avoir, fait remarquer Me Montminy. Il a fait beaucoup de sous et a perdu beaucoup de choses. »

Le procureur de la Couronne Me Jean-Philippe Robitaille n’avait pas d’objection à l’octroi d’une absolution. Le juge Mario Tremblay de la Cour du Québec a conclu lui aussi que la mesure était dans l’intérêt de l’accusé sans nuire à l’intérêt de la société. « On appelle ça l’exemplarité positive, dit le juge Tremblay. Les gens qui suivent votre histoire vont voir qu’on peut s’affranchir d’une dépendance. Je vous félicite pour vos efforts. »

Donald Brashear sera en probation durant six mois.

En sortant de la salle d’audience, Donald Brashear a confié que les compliments du juge lui avaient fait plaisir et juré que c’était sa dernière présence à la cour. « On peut tomber, mais on peut se relever. »