La lente déchéance de Jean-Bernard Lajoie, 35 ans, s’est conclue hier par l’imposition de cette peine, qui se situe environ à mi-chemin entre ce que la Couronne et la défense réclamaient. Une fois la détention provisoire soustraite, l’ex-policier aura encore deux mois et demi à purger. Il sera par la suite en probation durant trois ans.

Dix mois pour l'ex-policier Jean-Bernard Lajoie

L’ancien policier du Service de police de la Ville de Québec Jean-Bernard Lajoie est condamné à 10 mois de prison pour trafic et possession simple de cocaïne, pour avoir accédé de manière illégale en Centre de renseignements policiers du Québec et pour une agression armée d’une fourchette.

La lente déchéance de Lajoie, 35 ans, s’est conclue hier par l’imposition de cette peine, qui se situe environ à mi-chemin entre ce que la Couronne et la défense réclamaient. Une fois la détention provisoire soustraite, l’ex-policier aura encore deux mois et demi à purger. Il sera par la suite en probation durant trois ans.

Jeune policier performant et motivé, Lajoie a subi une rupture amoureuse difficile en 2010. Il a alors commencé à consommer de la cocaïne, puis d’autres stupéfiants.

Il a été déclaré coupable, au terme d’un procès, d’abus de confiance pour avoir consulté de manière illégale le Centre de renseignements policiers du Québec (CRPQ) à 29 reprises entre 2012 et 2015. Le policier cherchait alors à savoir si ses collègues avaient repéré son véhicule lors d’un achat de drogue.

L’ex-policier a aussi été déclaré coupable de trafic de cocaïne. Il avait fourni de la drogue à deux jeunes femmes, dont une mineure, à l’occasion de soirées chez lui.

Lajoie a plaidé coupable hier d’avoir agressé avec une fourchette en plastique un homme qui était comme lui hospitalisé à l’Institut universitaire en santé mentale, le 25 décembre 2017. Lajoie était à ce moment en psychose liée à la consommation de drogue.

Il a aussi reconnu avoir eu de la cocaïne en sa possession l’automne dernier; il était alors en rechute après une thérapie.

Détruit

Jean-Bernard Lajoie a dit avoir expérimenté la drogue parce qu’il «se cherchait» comme personne. «Ça m’ a détruit moi, mais ça a aussi détruit mes parents», souligne-t-il, en présentant ses excuses à son père et sa mère, présents en salle d’audience, comme toujours.

Le juge Robert Sansfaçon a fait remarquer à l’ancien agent de la paix que pendant plusieurs années, il savait avoir un problème de consommation et n’a rien fait pour le régler. Son utilisation du CRPQ, même si elle n’a pas servi à l’enrichir ou à aider le crime organisé, est inacceptable, rappelle le juge.

«On ne peut pas accepter que des gens qui ont le pouvoir que vous aviez fassent ce que vous avez fait.»

Le juge a souhaité à l’ex-policier d’enfin accepter de s’ouvrir et de participer aux thérapies pour régler son problème.