Le palais de justice de Québec

Dix ans pour Alain «La Couette» Côté

«C'est quoi ton chiffre, chummy?» Il y a trois ans, le trafiquant Alain Côté voulait plaider coupable dès sa comparution. Lundi, la juge Chantale Pelletier avait un chiffre pour lui : 10 ans.
Il en aurait fallu plus que ça pour perturber le gaillard de 46 ans, qui roule sa bosse dans le monde criminel depuis l'adolescence.
Poliment, Côté a regardé et remercié la juge qui quittait le banc. Celui qui est surnommé «la couette» en raison de son ancienne longue chevelure a ensuite haussé les épaules et fait un léger sourire à son père, assis dans la dernière rangée, en articulant «cinq ans».
Une fois soustrait le temps passé derrière les barreaux, crédité à 1,5 journée pour chaque jour de détention provisoire, Alain Côté aura encore cinq ans et un mois à purger.
Pendant huit ans, même lorsqu'il était en prison ou en cavale au Mexique, Alain Côté a continué à diriger un réseau de vente de cocaïne dans la région de Québec. «C'était le chef d'une entreprise appelée "On vend de la cocaïne au demi-gramme"», a illustré la juge Pelletier. 
Piégé par un agent d'infiltration qui enregistrait toutes leurs conversations, Côté lui-même a informé les policiers que son réseau écoulait un kilo de cocaïne tous les deux mois. Tranquille, le «commerce» cessait ses ventes à 22h. «Petit train va loin» était la devise d'Alain Côté.
Alain Côté avait été ciblé par les policiers de l'escouade régionale mixte dans le projet Vautour. Sauf qu'il n'a pas pu être arrêté lors de la frappe, à l'automne 2011, car il était à ce moment en cavale au Mexique, où il a rencontré une conjointe et eu un enfant.
Côté a choisi de retraverser au nord du Río Grande en avril 2014 quand, affirmait-il, les Mexicains ont mis un prix sur sa tête.
<p>Alain «La Couette» Côté</p>
À son arrivée à l'aéroport, Côté a été intercepté pour un problème de passeport. Il a vite fui les agents douaniers, une infraction qui lui a valu une peine de prison concurrente de trois mois, et il a été coincé par les policiers quelques jours plus tard.
Enrichissement des Hells
Le trafiquant n'était pas accusé de gangstérisme et ne doit donc pas être puni pour cette infraction, a souligné la juge Pelletier. «Mais en payant sa cote aux Hells Angels, il a enrichi cette organisation et a endossé leurs valeurs ou fait de l'aveuglement volontaire.»
Le procureur de la Couronne, Me Nicolas Poulin, réclamait une peine d'au moins 11 ans. L'avocat de Côté, Me Charles Levasseur, a tenté de convaincre la juge qu'une peine de six ans et demi, avec une détention provisoire comptée en double, serait satisfaisante.