La SQ a déplacé ses recherches au lieu d’enfouissement de la Régie de gestion des matières résiduelles à Saint-Étienne-des-Grès près de la rivière Saint-Maurice.

Disparition de Gilles Giasson: le corps dans les déchets?

SAINT-ÉTIENNE-DES-GRÈS— La disparition de Gilles Giasson ressemble de plus en plus à un cas de meurtre. Des policiers de la Sûreté du Québec ont passé la journée de lundi à fouiller des déchets au lieu d’enfouissement de Saint-Étienne-des-Grès de la Régie de gestion des matières résiduelles dans le but de trouver un indice pouvant corroborer cette hypothèse, puisque des informations fournies entre autres par un éboueur laissent entendre que le corps de M. Giasson pourrait s’y trouver.

Patrick Rouillard, un employé de la compagnie Tersol, a collecté les ordures dans le quartier Sainte-Cécile de Trois-Rivières le vendredi 11 mai. Gilles Giasson habite dans ce quartier avec son fils François Asselin. Cet homme ayant des antécédents judiciaires a été arrêté jeudi pour être accusé vendredi à Sherbrooke du meurtre d’un collègue de travail.

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Meurtre aux Jardins de Ville

Patrick Rouillard, préposé à la collecte de déchets.

«Quand je suis arrivé (dans le quartier Sainte-Cécile), le gars m’attendait, raconte M. Rouillard lorsque joint lundi soir par Le Nouvelliste. Je lui ai dit que si c’est des sacs de feuilles, on les prenait pas. Il m’a demandé: «Si je les mets moi-même dans la benne, c’est-tu correct?» Je lui ai dit oui. Il m’a donné 20 piastres et m’a dit: «Prends ça et ferme ta gueule». J’ai ensuite accroché son bac à déchets, je l’ai vidé. Il m’a dit: "Presse ça. Je veux voir". Sur le coup, j’ai pensé qu’il voulait voir comment ça marche.»

M. Rouillard ignorait à ce moment l’identité de l’homme. Dimanche soir, il a vu un reportage concernant François Asselin. «Quand je l’ai vu, j’ai dit: "C’est lui qui m’a donné le 20 piastres". J’ai appelé la police pour dire que j’avais reconnu François Asselin» ajoute M. Rouillard, qui avait été rencontré par la police plus tôt dans la journée.

Gilles Giasson est porté disparu depuis quelques jours.

Le lieu d’enfouissement de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie a reçu lundi la visite d’une quinzaine de policiers. Ces membres de l’unité d’urgence spécialisée en recherche terrestre et des enquêteurs des crimes contre la personne ont été sur place de 8  h jusqu’à l’heure du souper pour examiner des sacs de déchets situés dans un secteur bien précis. 

«On a des indices, confirme la sergente Éloïse Cossette, porte-parole de la Sûreté du Québec. Est-ce qu’on pourrait retrouver un corps? Oui. On envisage de trouver un corps.»

C’est à la suite de l’enquête menée à Sherbrooke que celle de Trois-Rivières a été transférée vendredi à la SQ. Le logement de M. Giasson a été passé au peigne fin, le voisinage a été rencontré et la démarche d’enquête de la SQ pointe vers le lieu d’enfouissement de Saint-Étienne.

Patrick Rouillard confirme qu’il ignorait le contenu possible de sa collecte de déchets. Il a confié que «de pogner un cadavre dans les poubelles» était sa plus grande phobie.

En plus d’avoir ciblé une zone du lieu d’enfouissement pour les recherches terrestres, la SQ est en train d’établir la séquence des événements entre celui de Sherbrooke et celui de Trois-Rivières. Une technicienne en scène de crime a été de l’équipe au lieu d’enfouissement de Saint-Étienne.

Les recherches au lieu d’enfouissement reprendront mardi matin.