Les deux hommes ont été arrêtés lors de la manifestation pacifique du Parc des Braves, le 7 juin.

Deux manifestants anti-G7 condamnés à six mois de prison

Deux hommes arrêtés le 7 juin lors d’une manifestation anti G7 ont plaidé coupable et ont écopé de six mois de prison.

Yann Arsac, 24 ans, de Québec a plaidé coupable aux accusations de possession de matières incendiaires dans le but de commettre un acte criminel. Il a aussi reconnu avoir eu en sa possession des matières explosives. Arsac a également plaidé coupable à une accusation de possession d’arme dans un dessein dangereux.

Cydrick Dion-Tardif, 32 ans de Québec, a lui plaidé coupable à une possession d’arme dans un dessein dangereux, à une possession de drogue et deux bris de promesse.

En marge d’une manifestation pacifique en haute-ville, des policiers ont observé les deux accusés, nerveux, faire du va-et-vient près du Parc des Braves. Ils les ont interpellés pour vérifier leurs sacs à dos.

Dion-Tardif avait sur lui une veste pare-balle et une coquille sportive. Dans son sac à dos, il transportait 2 boules de billard, un masque à gaz et une bombe lacrymogène.

Yann Arsac avait apporté avec lui une grenade fumigène, une bouteille de gaz à briquet, une bouteille de combustible à fondue et des bouteilles de bière emballées dans des bas. « Des éléments pour faire un cocktail molotov », précise la procureure de la Couronne, Me Julie Roy.

Cas aggravés

Selon la poursuite, les deux hommes ont aggravé leur cas en commettant des infractions près d’une manifestation qui se voulait pacifique, souligne Me Roy. « Les manifestants avaient le droit de manifester en toute sécurité», dit-elle.

Le plaidoyer de culpabilité des deux hommes a une grande valeur, a insisté l’avocat de défense Me Didier Samson.

«En évitant un procès, on ne fait pas sortir des techniques d’enquête qui sont utilisés lors des manifestations, qui ressemble plus à une mobilisation militaire que policière», a fait remarquer Me Samson.

Arsac et Dion-Tardif n’ont aucune affiliation avec un quelconque groupuscule militant, a assuré l’avocat de défense. « C’est une étourderie faite par des gens qui ont des antécédents judiciaires », résume Me Samson.

Cydrick Dion-Tardif a notamment été condamné à 22 mois de prison pour du trafic de Fentanyl et à 36 mois pour une introduction par effraction. Moins judiciarisé, Yann Arsac a des antécédents de bris d’engagement, de possession d’arme et de trafic de cannabis.

Le juge Jean Asselin de la Cour du Québec a accepté la suggestion de peine des parties, soit six mois de détention et une probation de deux ans.

«N’eut été de la vigilance policière, peut-être que ces messieurs feraient face à des infractions plus graves», a observé le juge Asselin.